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“La gare avait dû accueillir bien des baisers semblables, éperdus et passionnés ; des baisers d'autres sortes aussi. Baisers de commande d'époux mariés depuis vingt ans, baisers furtifs des liaisons clandestines et puis les plus nombreux, dont les fantômes flottaient tout autour de nous : les baisers manqués. Qui n'a pas été paralysé par l'hésitation, la peur du ridicule ou du rejet, la peur de savoir, la peur tout court, laissant filer l'instant et avec lui celui ou celle qu'il aimait sans avoir osé l'avouer, si bien que vingt ans après, l'on ressasse encore les gestes qui n'ont pas été faits, les mots qui n'ont pas été dits ?”
― La Princesse et le Pêcheur
― La Princesse et le Pêcheur
“Tu ne te doutais pas que tu m'avais donné quelque chose de plus irremplaçable encore que tes soins et le bonheur paisible de ta présence : une histoire. Voilée, flottante, trouée de non-dits, mais une histoire.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Peut-être poursuivons-nous des chemins qui vont de pair, et n'existeraient pas l'un sans l'autre; peut-être n'aurais-je pas pris la plume si tu n'avais pas refusé de prendre la parole; peut-être mon entreprise ne fait-elle que redoubler la tienne, mes mots voulant comme tes gestes préserver ce qui subsiste de mon grand-père et de mon arrière-grand-père : les bribes de leur histoire, plus fragiles et friables encore que leurs os blanchis ramenés au jour pour être aussitôt remis en terre.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Tu ne parlais pas d'eux, n'évoquais rien les concernant. Pourtant leur souvenir demeurait, tapi sous les couches de silence, suffisamment puissant pour qu'à quatre-vingts ans passés tu aies décidé de revenir dans un pays qui n'était plus le tien, dans l'idée d'arracher leurs dépouilles à l'anonymat et leurs existences à l'oubli.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Les fictions faisaient écho aux réalités de la région qui leur avait donné le jour, ce lieu si proche et si lointain à la fois, où le destin pouvait vous déposséder de la vie telle qu'on l'avait rêvée et telle qu'on l'avait vécue avant qu'elle ne s'évanouisse entre vos mains, s'en échappe, tel un filet d'eau ou de sable, sans que rien ne subsiste à part quelques gouttes, quelques grains, traces infimes que le temps achevait d'effacer. C'est ainsi que le Vietnam des légendes s'est superposé à celui de ton récit, que les contes se sont greffés sur ce que tu m'avais révélé du passé, ces confidences tissées de non-dits qui avaient créé en moi un appel d'air, une soif que ces fables ont contenue, à défaut de l'étancher.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“J'écrivais parce qu'ainsi je n'avais plus besoin de me demander ce qui s'était passé, mais ce qu'il fallait qu'il se passe, ce que je devais imaginer pour que les quelques faits qui m'étaient parvenus, absurdes et terribles, prennent un sens, enfin.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Le Vietnam représentait tout autre chose à mes yeux. Une porte ouverte à tous les possibles, à l'irruption du Merveilleux au sein d'un quotidien réglé comme du papier à musique. Les contes que j'avais lus, fournissant des explications métaphoriques à la géographie du lieu, à sa faune, à sa flore, à ses coutumes, à ses valeurs, à son histoire, en avaient fait une terre de légende.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Catapultata in un paese straniero, a lungo considerato nemico, obbediente a regole a lei incomprensibili se prima non le venivano spiegate, mia nonna si era riservata uno spazio che apparteneva a lei sola - un'Isola dei Morti che lei visitava quotidianamente. Non c'era giorno in cui lei, senza farne parola, non raggiungesse con il pensiero tutti coloro che aveva perduto.”
― La Princesse et le Pêcheur
― La Princesse et le Pêcheur
“Et si tu n'es plus, tu as été là, auprès de moi. J'ai eu cette joie.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Lei aveva lasciato il Vietnam, ma il Vietnam non aveva lasciato lei; quel paese le era rimasto dentro come un vaso di Pandora da cui non osava separarsi, pur sapendo che sarebbe stato straziante, e pericoloso, sollevarne il coperchio. Mono no aware, dicono i giapponesi per il indicare la malinconia delle cose”
― La Princesse et le Pêcheur
― La Princesse et le Pêcheur
“Plutôt que de cacher ma peine et d'en avoir honte, j'essaie de la transcender, de la passer à l'or, d'en tirer un peu de beauté et de lumière, d'atteindre cette vraie vie dont parle Proust, la vie enfin découverte et éclaircie, grâce à ces mots qui me sont chers et qui sont loin, même s'ils ne peuvent ni me voir ni m'entendre, habitants d'une terre dont je demeurerai toujours séparée.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Tout comme toi, je considère qu'oublier ceux qui ne sont plus revient à leur infliger une deuxième mort; qu'il est nécessaire d'honorer leur mémoire.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
“Je ne m'inquiétais guère de ma propre disparition - comme beaucoup d'enfants, je me croyais immortelle. Vivre sans toi, en revanche, sans tes soins et sans l'amour dont ils témoignaient, me semblait insurmontable.”
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie
― Ma grand-mère et le Pays de la poésie




