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Magda Isanos Magda Isanos > Quotes

 

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“Violettes sauvages

La fée du printemps, cette année aussi,
de banalités plein le sac, s’est présentée,
malgré cela, nous nous sommes réjouis
comme si pour la première fois elle était arrivée.

En me grondant moi-même, enfin,
car je risquais d’abîmer mes souliers dans la boue,
je suis allée voir quelles fleurs étaient en train
d’éclore dans le vaste parc, tout près de chez nous.

C’était depuis longtemps que je n’avais plus senti
ce désir de vivre, cette hâte fébrile,
j’avais l’impression que sous mes pieds a frémi
la terre que le soleil saurait rendre fertile.

Les arbres nus me semblaient tout à fait charmants,
j’aurais voulu les prendre dans mes bras, les [embrasser].
Je passais près d’eux, comme ça, auparavant,
autant de fois, mais sans vraiment les regarder.

Difficile à dire pourquoi était si beau
le ciel bleu comme les robes dont se lavent les couleurs,
je l’ai regardé, la tête renversée vers le dos,
et je l’ai trouvé absolument enchanteur.

Ensuite, j’ai découvert les violettes sauvages,
près d’un chêne : elles étaient délicates et bleues,
des miettes de ciel dont le printemps de passage
nous fait don, parmi les troncs ombrageux.

Le cœur battant vite, je me suis inclinée,
j’étais sur le point de toucher à leurs feuilles,
et je ne sais pourquoi, par l’esprit m’est passée
l’idée que le verre n’est pour elles qu’un cercueil.

Vers la maison, je suis revenue,
les pas alourdis par un fatigué bonheur,
et si mes mains étaient aussi vides qu’au début,
j’avais des violettes sauvages dans le cœur.

(traduit par Elisabeta Isanos)”
Magda Isanos
“Uneori, în diminețile clare,
mă uit drept în soare râzând
și nu pot crede c-am să mor în curând;
viața mea sună înalt, fără-ntristare.”
Magda Isanos, Poezii
“J’attends l’an premier

J’attends l’an premier d’une autre ère,
l’an de la paix sur la terre.
On aura démoli les grands abattoirs
de l’Histoire.
Mon cœur murmure déjà : « Frère,
pardonne-moi cet héritage de haine,
et au nom de la souffrance humaine,
prends ma main, frère.
Moi aussi j'ai mordu la poussière
et j'ai pleuré.
Tous les miens morts, éteint le feu du foyer,
dans mon incendiée patrie…
Aurore étrange, le sang avait lui,
Les uns après les autres,
les horizons tombèrent
devant moi et derrière.
Je franchissais les confins,
des rivières et des monts.
Et personne n’était plus grand que les grands
soldats sans noms.
Nous nous frayions une voie
à travers les foules grises
qui se retiraient, effrayées, comme l’eau.
Les obus tuaient et creusaient
du même coup le tombeau de la mère et de l’enfant.
Et la mort, comme un revenant,
traversait les champs désertés.

Et cependant, le yacht aux ponts dorés
par le soleil du Midi,
comme un oiseau sans tache, flottait.
Le milliardaire fumait sa havane:
« Ô monde merveilleusement réglé ! »
(Un ver qui grossit dans la plaie qu’il profane,
de l’humanité toujours dans le sang…)

Frère, n’ayons plus de ressentiments
ni de rêves chauvins.
Comme moi, tu travailles de tes mains.
Tu laboures la terre. Peut-être, tu écris.
Il y a des foyers pauvres en d’autres lieux aussi.
Sur ton visage, je comprends sans mots
que tu te réveilles chaque jour très tôt,
et couches tard chaque soir.

Donne-moi ta main, sors de ton cercueil,
démolissons les historiques abattoirs,
regarde : le soleil sur le seuil…

(traduit du roumain par Elisabeta Isanos)”
Magda Isanos, Cantarea muntilor
“L’amour

L’amour qui nous transportait
Souvenirs et stryges point ne connaissait.
De la terre et des eaux il venait
Nous intimant de nous tenir tout près
Et il avait des plantes silencieuses le pouvoir
Pouvant souvent autour du tronc se mouvoir.

(1943)

*
Traduit du roumain par Gabrielle Danoux
(voir Dragostea, p. 164)”
Magda Isanos, Cantarea muntilor
“Si on avait justement partagé

Dans les défilés des montagnes,
je gémis, la tempe sur la pierre.
Et j'aurais voulu, ta lumière
la chanter encore, sommet des montagnes !

Si on avait justement partagé
toutes les peines du monde,
autant sur mon cœur que sur le tien,
je ne serais pas morte aussi jeune.

J’aurais pu me réjouir encore longtemps,
en riant, sous les verts rameaux,
j'aurais pu encore longtemps chanter,
la tempe collée à l’orgue des forets.

Il y avait encore tant de jardins à cueillir…
J’aurais orné jusqu’au fond
ce plateau rond,
avec des écharpes et des pommes.

Si on avait justement partagé
toutes les peines du monde,
beaucoup d’années encore, j’aurais moissonné
le soleil de ces terres.

Mon ami, apporte-moi des épis de blé,
là-haut, sur le sommet des montagnes,
prés des cieux et des vents,
près du feu silencieux des bergers.

Vie, pour les uns tu as été
un éternel festin,
pour moi — une pluie déserte,
toi et tes balances truquées…
Et pourtant, je te salue et je pars à regret.

(traduit du roumain par Elisabeta Isanos)”
Magda Isanos, Cantarea muntilor
“Spuneau: „E nebun poetul,
vorbește cu arborii si cu pietrele”...
Atunci m-am depărtat de dânșii cu-ncetul,
le-am uitat graiul și vetrele.”
Magda Isanos , Țara luminii
“Sagesse

De la sagesse, c’est de respirer
et de sourire après la fin des pleurs,
de les aimer lorsqu’ils tombent des fleurs,
en grand silence, les pétales fanés.

Regarde les arbres : droits, ils se tiennent,
leur vue, vers le ciel toujours ouvert,
semble implorer par une prière verte,
qu’il y ait plus de pluie, moins de haine.

Ne pense ni à demain ni au jour d’hier.
Tu peux tomber plus vite que les épis,
nous ne sommes maîtres que sur aujourd’hui,
ne pense ni à demain ni au jour d’hier.”
Magda Isanos
“La mort de la prophétesse

Je vous ai laissés avec le soleil et les eaux
aux rames,
et je vous retrouve tués avec les faux
et les lames.

C’est à vous et à vous que j’ai laissé
ce jardin plein de grenades et de rosée,
pour en faucher l’herbe, pour en cueillir les fruits,
et vivre unis !

Mais à peine ai-je fermé la porte,
et mes cendres balayées, le vent les emporte.
À peine j’ai franchi le seuil, au départ,
et vous avez déchiré mon livre et mon étendard.
La cour, je ne l’avais pas encore quittée,
et quelqu’un est sorti pour s’assurer
que je n’étais pas de retour.
Un autre regardait le ciel par la bouche du four,
dans l’espace apercevant
ma cheville, sur des ponts d’argent.

Suivie par les cyclones qui me mettent en chasse,
je reviendrais par la voie des navires,
mais elle pèse sur moi, la Mer des Sargasses,
muraille que l’Océan seul peut bâtir.

(traduit du roumain par Elisabeta Isanos)”
Magda Isanos, Cantarea muntilor
“C’est pour la paix que je prie…

C’est pour la paix que je prie, pour les choses oubliées
et pour les gens dans la solitude enfermés.
Un cercle magique tout autour se dessine.
Le front refroidit, les heures déclinent
vers l'aube, toujours plus pâles, les heures déclinent.

Et encore, c’est pour le sang que je prie,
plein d’ombre et de peur, le sang d’autrui,
qu’il ne soit jamais versé sur la terre,
ou l’on voit les morts comme les fleurs se faire.

(traduit du roumain par Elisabeta Isanos)”
Magda Isanos, Cantarea muntilor

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