Lizzie Crowdagger's Blog

January 9, 2026

Bilan auto-édition 2025 : on résiste encore

Comme il est maintenant de tradition en début d’année, je vais faire mon petit bilan sur l’année précédente, à la fois par transparence et parce que ça me me permet aussi de réfléchir à la suite.

Il s’agit uniquement de faire le bilan de mes activités d’écrivaine auto-éditée ; cela dit, c’est quand même compliqué d’ignorer le contexte plus global : entre montée des fascismes, guerres et massacres, la « révolution de l“IA » qui vient menacer de paupériser encore plus tout ce qui est lié à la création, déjà attaquée de toute part dans le contexte économique actuel… c’est pas la fête.

Bref, mon bilan c’est que je me suis inscrite pour être livreuse Deliveroo.

Mais, comme le fait de prétendre lancer le générique de fin pour faire la blague que c’est déjà fini est un peu réservé au format Youtube, rentrons tout de suite dans le vrai bilan.

Activités

En termes de ce que j’ai réussi à faire cette année, le bilan est pourtant moins morose que les années précédentes :

En ce qui concerne l’écriture pure, je n’ai pas tenu l’objectif que je m’étais fixée de terminer la rédaction de mon roman en cours, mais j’ai tout de même bien avancé sur celui-ci. Il s’agit toujours de mon histoire de yakuzas en Provence, qui a changé de titre provisoire de 8–9‑3 à Chien·nes de la casse. J’espère vraiment réussir à le sortir en 2026, et ce sera un de mes objectifs principaux cette année !J’ai pu participer en 2025 à deux évènements « en physique » très chouettes, une rencontre à Genève le 22 janvier et un atelier d’écriture à Paris le premier février. C’est vraiment très sympathique et ça booste vraiment le moral de pouvoir rencontrer des gens et d’avoir un peu l’impression que ce que je fais résonne chez des gens 💜. Malheureusement, je n’ai encore rien de prévu en 2026, mais si des petites librairies, des associations, ou des festivals veulent m’inviter, j’ai encore des créneaux disponibles 🙂Niveau expérimentations dans le jeu vidéo, j’ai participé à deux Game Jam un peu particulières puisque le but était d’utiliser un langage Lisp, donc loin des moteurs de jeux « mainstream ». Le résultat de la première était intéressant techniquement à implémenter mais pas vraiment au niveau du résultat puisque c’était in fine un prologue de fiction interactive que j’aurais aussi bien pu faire en HTML. La deuxième m’a permis d’avoir un résultat un peu plus montrable avec cette petite démo d’un jeu de course en tour par tour. Surtout, je pense que ces expérimentations m’ont permis d’avoir les idées un peu plus claires sur ce que je veux faire dans le domaine, et je reviendrai peut-être là-dessus dans un autre billet.À propos de billets de blog, comme d’habitude, l’activité a été moindre que ce que j’aurais aimé, et principalement pour faire des compte-rendus ou des annonces, à l’exception de réflexions sur la narration. C’est pas forcément grave en soi, au moins j’ai l’impression d’avoir un peu plus pensé à parler ici de ce que je faisais plutôt que de le laisser sur Mastodon.Mon plus grand bémol ne concerne pas tant l’auto‑édition, mais je pense que beaucoup de gens ne font pas trop la différence entre un de mes livres auto-édités ou pas : il y aurait dû avoir une publication de roman en 2025, qui n’a pas eu lieu. Inch’allah pour 2026 ? Par ailleurs, Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) est toujours indisponible, ce qui est un peu couillon parce que c’est bien celui de mes livres qui se vendait pas trop mal…Donc voilà c’est assez source d’angoisse, surtout pour moi qui ai tendance à angoisser facilement. En attendant, si vous voulez le lire en version numérique, il est toujours possible de le lire gratuitement sur le site de l’éditeur, voire d’accéder à une version EPUB officieuse dans le Ravenpack 🤫. Au niveau du Patreon, les abonné·e·s ont pu découvrir un roman inédit sous le nom mystérieux de Code Bird. Bon, derrière les secrets de comploteurs, il s’agit du roman qui aurait dû être édité cette année et qui a au moins pu ainsi être lu par quelques personnes.

Bref, ce n’était pas forcément très visible de l’extérieur mais il y a quand même eu un peu de choses cette année en coulisse et j’espère que ça se concrétisera un peu plus en 2026.

Nombre de ventes

Voilà, c’est maintenant le temps de passer à la partie comptabilité un peu déprimante, à commencer par le nombre de ventes en auto-édition :

Numérique : 42 ( ↘ 97 l’an passé)Amazon : 17 (↘ 40 l’an passé)Kobo : 17 (= 17 l’an passé)Ko-Fi : 3 (↘ 17 l’an passé)Autres : 5 (↘ 13 l’an passé)Papier : 84 (↘ 95 l’an passé)Total : 126 (↘ 199 l’an passé)

Bon voilà, on ne va pas se mentir, avec tout en baisse, c’est clairement une année creuse, même s’il y a un peu de quoi relativiser (je vais revenir dessus plus loin). Avec mes ventes sur Amazon qui continuent de baisser comme depuis un paquet d’années : c’est bien, je n’ai même pas à les boycotter, ce sont eux qui me boycottent 😀

Si on regarde un peu titre par titre, ça reste à peu près les mêmes tendances que l’année précédente mais en plus petit pour tour le monde : La fusillade est une science sociale continue de se vendre pas très bien, peut-être parce qu’il s’agit d’une suite, même s’il peut être lu indépendamment ? À l’inverse, La sorcellerie est un sport de combat est encore celui qui se vend le plus, même si avec 41 exemplaires au total on ne peut pas dire que ce soit un best-seller non plus.

Chiffre d’affaire

Maintenant pour la partie financière :

Abonnements (Patreon) : 570€ ( ↘ 849 l’an passé)Royalties (Amazon/Kobo/BOD pour les livres papiers/…) : 515€ (↗ 345 l’an passé)Prix libre et ventes directes via le site : 1059€ (↗ 989 l’an passé)Total des revenus auto-édition : 2166 € ((↘ 2168 l’an passé)

Qu’est-ce qu’on peut conclure de tout ça ? Déjà, je voudrais remercier du fond du cœur toutes les personnes qui m’ont soutenu d’une façon ou d’une autre 💜💜💜 Dans une période où c’est sans doute compliqué financièrement pour beaucoup, ce n’est pas rien et c’est toujours assez fou de me dire que des gens me paient pour partager mes rêveries et pas pour que je fasse un boulot chiant.

D’un autre côté, on ne va pas se mentir, ce n’est malheureusement pas non plus une somme suffisante pour vivre juste avec ça (surtout que c’est le chiffre d’affaires et pas les revenus). Heureusement qu’il y a le RSA, mais avec les tendances actuelles à vouloir faire bosser les allocataires je ne sais pas si ça va durer et, on ne va pas se mentir, c’est peut-être ma source d’angoisse principale en ce moment (ou, en tout cas, une de mes sources d’angoisses principales, mais on est dans un billet de bilan sur l’auto-édition et pas dans un moment de panique sur l’avenir de l’humanité), d’autant qu’à l’heure où j’écris ces lignes j’attends un peu de voir à quelle sauce je vais être mangée par France Travail.

Enfin, les gens les plus perspicaces auront peut-être remarqué que s’il y a une baisse notable des ventes, il y a aussi eu plus de revenus liés à ces ventes. Qu’est-ce à dire que ceci ? Eh bien, je vois deux raisons.

D’abord, il y a pas mal de virements qui arrivent quelques mois après les ventes effectives, donc malheureusement la baisse des ventes 2025 risquera de surtout se faire sentir dans le bilan 2026. Oups !

Mais aussi, et c’est le point sur lequel je voulais revenir : en dehors des ventes par des distributeurs ou des plate-formes, les romans que j’auto-édite (en dehors des versions un peu en avance pour les abonné·e·s Patreon) sont disponibles à prix libre intégral : vous pouvez les lire gratuitement en numérique, mais, si vous aimez, c’est bienvenu de faire un don.

Ce qui est chouette, c’est que le fait de ne pas mettre de vrai paywall n’a pas entrainé de perte de revenus, tout en permettant (je l’espère !) à plus de personnes d’y avoir accès. Le seul point un peu « négatif », c’est qu’actuellement ça rend assez compliqué de comptabiliser ces ventes à prix libre, vu que je reçois juste un don et que je ne sais pas forcément à quel(s) livre(s) l’attribuer. Donc ça vient un peu nuancer la baisse des ventes, même si ça n’explique pas tout.

Et, plutôt que de pleurnicher sur le peu de ventes (comme j’ai pu le faire sur Mastodon) je préfère tirer de ça une certaine fierté : certes d’un point de vue légitimité institutionnelle, ça n’aide vraiment pas, mais d’un autre côté je suis assez contente de me dire que l’essentiel de la diffusion de mes œuvres se fait avec une relative indépendance des grandes entreprises capitalistes (relative, parce qu’après il y a la question des intermédiaires de paiement et là c’est une autre paire de manches).

Pour conclure

Honnêtement, la période est rude, et continuer à faire de l’«art» est difficile. Et, en même temps, ça me parait plus important que jamais et, si dans les bilans des années précédentes j’étais souvent un peu morose, là je me sens plus déterminée qu’autre chose. Quoiqu’il arrive, je vais continuer à créer mes petites histoires, sous une forme une autre, et à les partager, parce qu’une leçon que j’ai appris — que vous m’avez appris, quelque part — c’est que c’est futile et dérisoire, certes, mais que ce n’en est pas moins important.

Continuez à créer, peu importe à quel niveau, continuez à lire, à écouter, à regarder, à jouer à des œuvres créées par des personnes. Continuez à résister.

💜,

Lizzie

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Published on January 09, 2026 12:00

December 3, 2025

Réflexions sur la narration

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait d’article un peu théorique sur l’écriture, et j’ai hésité avant de le publier parce que j’ai toujours peur que ça fasse super prétentieux ou branlage de nouilles ou je ne sais pas quoi, mais voilà.

L’origine de cette réflexion c’est juste que, forcément, je m’intéresse un minimum à ce genre de questions quand j’écris (voire quand je lis, parfois), et qu’au fil du temps je me suis rendue compte que je n’étais pas forcément très convaincue par ce que je pouvais trouver sur le sujet et que j’avais envie de proposer une alternative, pour formaliser un peu comment je vois les choses, d’abord pour moi-même pour me permettre de mettre au clair mes idées.

Pour situer mon parcours : malheureusement, je n’ai pas fait d’études littéraire, et j’ai assez peu accès à l’état de l’art scientifique sur le sujet, à la fois parce qu’un certain nombre de choses sont derrière des paywalls, mais aussi parce que, soyons honnête, j’ai du mal à lire ce genre de prose et à faire preuve de suffisamment de rigueur pour rester concentrée dessus et réussir à analyser ce genre de littérature qui n’est pas la plus accessible. À côté de ça il y a de la vulgarisation et des théories ou des analyses plus faciles d’accès, notamment en vidéos et podcasts mais aussi sous forme de livres ou de blogs ou autres, et si j’en ai beaucoup consommé à un moment je me suis rendue compte que ça ne m’apportait pas forcément ce que je voulais.

Je crois que j’avais déjà fait un ou deux billets de blog sur le sujet pour mettre au papier mes interrogations, mais ça devait être sur mon ancien site et malheureusement ça a disparu d’Internet : en tout cas, je ne les retrouve pas.

Pour schématiser, je dirais que je vois plusieurs niveaux différents pour analyser la narration, et que malheureusement ce qui me semblent être les plus importants ne sont pas forcément ceux qui sont le plus mis en avant.

Narrateur grammatical

Celui qui vient sans doute en tête en premier quand on parle de narration c’est sans doute le côté grammatical, puisqu’on parle souvent de narration à la première ou à la troisième personne.

Je trouve d’ailleurs dommage qu’on ait parfois tendance à présenter la première ou la troisième personne comme les seules possibilités. La narration à la seconde personne — même si je n’en suis personnellement pas fan — se retrouve pourtant dans nombre de fictions interactives, livres dont vous êtes le héros et jeux vidéos.
L’infinitif est également régulièrement utilisé dans ces derniers pour présenter un choix à la joueuse : « Prendre l’objet » « Parler au vendeur », etc. Je ne sais pas si ça a du sens de parler de « narration à l’infinitif » pour autant parce que ça parait compliqué d’écrire une histoire complète sous cette forme ; mais d’un autre côté les œuvres écrites « à la première personne » n’utilisent pas non plus que le « je », donc ça ne parait pas non plus un argument pour l’écarter.

Se focaliser sur l’emploi ou non de la première personne me parait un peu discutable parce que c’est juste une vision de la forme d’écriture, qui est pour moi à mettre à peu près au même plan que le choix du temps (passé, présent notamment) ou du vocabulaire.

En pratique, on a tendance à associer ça avec le fait que le narrateur corresponde à un personnage concret ou pas : s’il y a un « je » c’est que le narrateur existe dans le récit, sinon c’est que le récit est écrit « à la troisième personne », donc avec un narrateur externe qui n’a pas vraiment d’existence concrète.

Ou bien, c’est que le narrateur n’a pas encore dit je, ce qui est soulevé par Gérard Genette — un des rares ayant travaillé sur ce sujet que j’ai il y a longtemps lu un peu —, qui argüe qu’au final le narrateur est toujours un narrateur à la première personne et propose plutôt de parler de narrateur intradiégétique ou extradiégètique : intérieur à la diégèse, donc à l’histoire qui est racontée, à l’univers fictif dépeint, ou extérieur.

Un autre argument que je voudrais mettre en avant, c’est qu’un « je » formel, au sens grammatical, n’implique pas forcément que l’énonciateur est réellement la personne associé au « je » en question. Et je ne parle pas juste de plot twist à la Mission Impossible où un narrateur révèlerait à la fin que tout du long il disait « je » pour parler du tueur mais en fait il mentait et c’est une autre personne, mais simplement de ce qui est un effet littéraire un peu comme le discours indirect libre ou l’utilisation du présent plutôt que du passé.

Exemple concret : 


Bob le labrador renifla et sentit le délicieux fumet des saucisses qui reposaient sur la table basse.


Oh la la tout le monde est dehors et il y a des saucisses ? Om nom nom vite j’en profite, si je les mange toutes peut-être qu’ils auront juste oublié leur existence.


Est-ce que, d’un point de vue formel, il y a un passage de la troisième à la première personne, tout comme du passé simple au présent ? Oui, c’est évident. Est-ce qu’il y a vraiment un changement de narrateur ? Ça me parait plus discutable. Si j’explicitais en ajoutant un « se dit-il » voire simplement en mettant le paragraphe en italiques, je ne pense pas qu’on se poserait la question.

C’est des choses qui se passent régulièrement quand on raconte des histoires dans la vie de tous les jours : si je raconte une bêtise qu’a fait Chachat aujourd’hui, il est possible que je parle d’elle à la première personne à un moment. Un peu comme la figure du « et que je te griffe, et que je te morde ».

Et je crois que ce qui m’agace un peu dans pas mal de discours sur l’écriture qu’il y avait sur Internet il y a quelques années, c’est cet aspect hyper formaliste : attention, si tu ne mets pas de guillemets ou d’italiques, il y a un changement de narrateur. Et surtout, parce qu’à la limite savoir si on décrit ça comme un changement de narrateur ou pas on s’en fiche (et moi je le décrirais quand même quand un changement de narrateur grammatical, ou formel) ; ce qui me gêne c’est que ça s’accompagne aussi souvent d’un coté très prescriptiviste pour dire qu’un changement de narrateur d’un paragraphe à l’autre (ou, pire, à l’intérieur d’un paragraphe) c’est à éviter, pas bien, à corriger.

Narrateur personnage

Le deuxième aspect pour moi pour de la narration, et qui est en général celui que les gens désignent quand ils parlent de narrateur, c’est le narrateur comme personnage. Ou comme absence de personnage, parce qu’un narrateur peut aussi être désincarné, et c’est en général ça qu’on va appeler « narration à la troisième personne ».

Bon alors vous me direz peut-être : d’accord, tu proposes un autre terme pour te la raconter, mais ça revient au même. Mais là où quand on parle première/troisième personne il y a un coté très binaire, je pense plutôt qu’il y a un continuum entre le narrateur complètement désincarné et le narrateur totalement incarné.

Quelques exemples : 

À une extrémité on a le narrateur totalement incarné, et ce que je veux dire par là c’est vraiment le narrateur à la première personne dans sa version très old school quand il y a commencé à avoir des romans écrits comme ça, comme dans la littérature épistolaire par exemple. Ici, il n’y a pas juste un « je » qui correspond à un personnage du récit, mais on sait aussi quand le personnage raconte l’histoire, comment (est-ce qu’il écrit un livre, est-ce qu’il parle à quelqu’un), etc.Ensuite il y a le narrateur qui est un personnage du récit, mais dont on ne sait jamais vraiment comment, à qui il le raconte, et en fait on s’en fout. Peut-être même que c’est narré au présent. Peut-être que le personnage va mourir avant d’avoir pu raconter son histoire. C’est ce qu’on voit maintenant dans pas mal de textes écrits à la première personne.Il y a le narrateur totalement désincarné, qui n’existe pas réellement (ou se confond un peu avec l’auteur) et correspond à pas mal de narration « à la troisième personne ».Il y a le narrateur plutôt désincarné, mais où il y a un peu plus d’indices sur les opinions qu’il peut avoir de telle ou telle chose, sa position dans le monde. Parfois, ça peut aussi être l’auteur qui profite de son roman pour faire un rant sur un sujet donné, mais ça peut aussi être distinct et parfois ça peut même être un personnage nommé, par exemple un érudit qui aurait retrouvé de vieux documents. (Ou un journaliste ; d’ailleurs à peu près tous les articles journalistiques sont dans ce style pseudo-désincarné où le narrateur — en l’occurrence l’auteur puisqu’on n’est plus dans la fiction — essaie au maximum de s’effacer mais où ses positions, la ligne éditoriale de son journal, etc., ressortent toujours.)

Ça coïncide en général avec la narration grammaticale à la première ou à la troisième personne, mais ce n’est pas pour autant obligatoire. Ça peut être intéressant d’avoir un roman écrit à la troisième personne mais où tu réalises qu’en fait c’est, mettons, des archives écrites par un des personnages.

Et surtout, je trouve ça important d’admettre qu’il y a des degrés différents d’« incarnation », à la fois dans les romans écrits à la première personne où en fait ce n’est pas grave si on ne sait pas vraiment comment le personnage peut bien raconter l’histoire et à qui, ou pour admettre qu’un roman écrit à la troisième personne peut avoir un narrateur qui a quand même un certain point de vue et que ce n’est pas forcément celui de l’auteur.

C’est pour ça que je pense que ça peut être pertinent de séparer l’aspect «grammatical» du reste : on peut admettre qu’un roman est écrit à la première personne essentiellement pour des questions de style et de forme, pour donner un côté plus immédiat, sans forcément non plus vouloir s’encombrer avec beaucoup de questions sur «D’accord mais quand est-ce que le narrateur raconte tout ça ? ».

Je suppose qu’il y a toujours des gens qui ne s’en foutent pas si un roman écrit à la première personne n’est pas hyper carré sur comment et quand l’histoire est racontée, ou qui vont trouver scandaleux si c’est écrit au présent.
Et en soit, ils et elles ont le droit, comme j’ai le droit de ne pas apprécier la narration à la deuxième personne (« Alors que le symbole brille, le pouvoir vous traverse. ») dans les jeux vidéos parce que je trouve que ça me sort de l’histoire et me donne l’impression d’être à une table de jeu de rôle. Mais c’est juste un gout personnel et pas en soi un truc qu’il faudrait éviter.

Point de vue

Le dernier aspect c’est le côté point de vue, qui pour moi correspond un peu à une focale de caméra : est-ce qu’on va avoir accès aux pensées de tel personnage, de tel autre, à une vision extérieure. Là-dessus je me retrouve à peu près dans ce que j’ai pu voir sur le sujet donc je vais moins m’étaler dessus.

À part pour dire que, là aussi, faut doser et arrêter de vouloir absolument considérer certaines choses comme fautives ou « pas cohérentes » ou je ne sais quoi. Oui, on peut avoir une narration à la première personne avec un point de vue qui est temporairement sur un autre personnage, ou qui vont parler de choses auxquelles ils n’ont pas directement assisté. On peut si on en a absolument envie l’expliquer de manière très explicite pour que tout soit bien cohérent, par exemple en mettant en avant qu’on lui a raconté après. On peut aussi se dire qu’on s’en fout.

Un exemple qui m’avait marqué qui était présenté comme à éviter c’était ce genre de choses : 

Je suis sortie de chez moi, dans la nuit froide, et je suis partie sans me retourner. À l’intérieur, la bougie s’est éteinte.

L’idée c’est que ce n’était pas bien parce que le point de vue était sur le personnage qui sortait sans se retourner donc qui ne peut pas voir que la bougie s’éteint. Sauf qu’évidemment on peut se dire que le personnage est revenu plus tard, a vu que la bougie était éteinte et en a conclu qu’elle s’était éteinte entretemps ; ou a bien vu que la bougie arrivait déjà bien au bout quand elle a décidé de se mettre en route et que c’est assez raisonnable de conclure qu’elle s’est éteinte ; ou bien que son voisin qui n’a vraiment pas une vie intéressante l’a vu et lui a raconté, ou cinquante milles explications possible qu’on n’est peut-être pas obligé d’expliciter. L’autre jour, j’ai attaché mon vélo et je suis partie faire des courses. Derrière moi, sans que j’en ai conscience, mon téléphone était toujours sur le guidon, son écran indiquant la position GPS. Wow vraiment c’est tellement pas cohérent que j’ai ces informations alors que j’écris à la première personne, dites donc !

De la même manière, même si on a un point de vue qui est focalisé sur un personnage donné, ça ne veut pas dire qu’il faut s’interdire de parler des pensées ou des états émotionnels d’autres personnages et c’est quelque chose qu’on fait tous les jours : si je raconte l’interaction que j’ai eu en vélo tout à l’heure avec un papi, je vais peut-être décrire ses pensées et ses émotions, ou en tout cas celles que je lui prête en fonction des réactions que j’ai pu voir.

Une autre distinction qu’il y a régulièrement, c’est la notion de narrateur omniscient ou pas. Je ne trouve pas ça pertinent parce que pour moi tout narrateur est omniscient par défaut, dans le sens où la lectrice n’a accès à l’univers décrit que par ses mots, qui ont donc par défaut une valeur de vérité.
Si je dis « Il est possible de démarrer très facilement n’importe quelle voiture, même moderne, juste avec un tournevis en triturant des fils électriques », c’est très certainement faux dans le monde réel. Si mon narrateur décrit ça dans mon univers de fiction, c’est que dans cet univers c’est vrai.
La question c’est plutôt les choses que le narrateur s’autorise à décrire, et notamment si on a un narrateur incarné en général il va préférer dire qu’il ne sait pas telle ou telle chose. Mais on pourrait tout de même avoir un personnage tout à fait incarné et concret qui sait absolument tout sur tout. (On en voit d’ailleurs tout le temps sur les plateaux télé ; ce n’est gênant que lorsqu’ils prétendent parler de notre monde réel et pas de leur univers de fiction dans lequel ils vivent.)
Évidemment il y a des cas de narrateur non fiable où on se met à douter de ce qui est présenté par le narrateur, mais c’est parce qu’il y a des éléments qui nous emmène à le faire et ce n’est pas l’approche qu’on va adopter par défaut (à moins de se gâcher toutes les œuvres en pointant que «ah, ça n’est pas vraiment arrivé comme ça!»).
Donc, un narrateur à la première personne peut parfaitement être «omniscient», soit parce qu’il a scrupuleusement vérifié et reconstitué toutes les informations qu’il donne, soit parce qu’il est imbu de lui-même et très confiant.

Conclusion

Bon du coup, est-ce que ça veut dire que maintenant je ne parle plus que de «narrateur grammatical» ou de «narrateur-personnage» ? Est-ce que je pense qu’il faut arrêter de parler de «narration à la troisième personne» ? Non, parce que déjà ce serait souvent inutilement compliqué et qu’en général ça ne sert pas à grand-chose.

Mais je pense qu’avoir en tête qu’on peut séparer entre différents aspects qui sont plus ou moins liés mais pas tout le temps complètement, ça peut éviter de s’interdire des choses, inviter à en tester de nouvelles, ou en tout cas décourager une critique simpliste de «c’est mal écrit ça va pas».

Mais peut-être juste que la leçon à retirer ça pourrait juste être «arrêtez de casser les pieds». Il y a plein de conseils, de méthodes, d’analyses qui peuvent être super utiles pour s’aider dans son écriture ; mais les utiliser pour disqualifier l’écriture de quelqu’un d’autre, je pense que c’est beaucoup plus casse-gueule.

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Published on December 03, 2025 06:50

November 9, 2025

A turn-based car “game” for the Autumn Lisp Game Jam

Once again, I participated in the seasonal Lisp Game Jam, organized by David Thompson and Technomancy. You can check the result here (playable in your browser), but since it isn’t exactly mind-blowing I wanted to share some additional thoughts.

The idea

My idea was to make a turn-based racing game. There are things such as “vector racing” (which I loved doing in class), and there are games for this such as this but as far as I know there isn’t games like this with some “realist” car physics.

My result can’t really claim to be that: I struggled a lot with the car physics, but I guess it was a learning experience. In the end I managed to have some basics “bicycle model” car, but no drifting or anything fancy 🙁

Screenshot from the game.

Another struggle was finding a way to control the inputs: my initial attempt was to have something looking more like vector racing, but I couldn’t manage to have a version that was both working and intuitive. Which is why I defaulted to the “controller” in the bottom right corner, where you enter the acceleration/braking and steering on a square grid.

I thought about showing a steering wheel and pedals and letting the player click on them but I was sceptical it would be that good and anyway I had no time.

Screenshot from the game

In the end I’m not sure it’s a great idea for a racing game: I set the duration of a “turn” to one second, which makes it quite difficult to control. Reducing it improved things but it also made playing a bit tedious. So, probably not a great potential for racing games.

However I think it might be more interesting to develop in a more “RPG” fashion, where you could eg shoot at enemies or whatever. Maybe I’ll try to explore that in the future.

Misc learningsThis is my second toy project using Guile Hoot, and I mut say I’m quite impressed by it. Even though I I feel in some way I was a bit tricked into doing some javascript… I love the size of the final wasm file (less than a megabyte), in a world where a single hello world can quicly trigger a ton of bloat. Il I compare it to the equivalent export from a Godot project or a Renpy one, it is quite mind-blowing.The problem with coding a car game in Lisp is that it is tempting to name some variables “car”, which can lead to some pain at some point (for people foreign to lisp, “car” is quite an important function that gives the first element of a list).Collision detection is hard, but a nice way to get the distance bewteen a point P and a line AB is to use the wedge product AB ∧ AP / |AB|. Pretty sure I saw this in high school a looong time ago, but a refresher was needed.The function “atan2” is pretty cool to get the exact angle of a vector, but I didn’t find it in Guile? I still could use Javascript’s one, though.At some point I hesitated between keeping the game car-related, or to make-it in space. In some ways, spaceship physics might have been simpler, until I thought about relativity and things like that. I discovered the game Velocity Raptor that uses such features, and it is pretty cool.This kind of jam where you can’t really use a game engine such as Godot, and my approach of not using a lot of libraries, makes it a very different experience to other gamedev project. While it brings a ton of difficulty (you realize the blessing of having a physics engine with not only collision detection but also rigid body simulation and so on when you can’t rely on it), it’s pretty cool to have to struggle with all this once in a time to know how this stuff actually works under the hood.In a nutshell: math and physics are dope, but also very hard! So, unfortunately, is drifting…

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Published on November 09, 2025 11:27

June 3, 2025

Ma participation à la Spring Lisp Game Jam 2025

Pour continuer un peu sur les choses dont j’oublie de parler ici : ma participation à la Spring Lisp Game Jam 2025.

C’est la première fois que j’arrive à soumettre quelque chose à une game jam, et même si le résultat n’est pas fou (un début de fiction interactive jouable dans le navigateur) parce que ça m’a pris beaucoup plus de temps que prévu de maitriser un minimum les outils techniques pour faire marcher ça (Guile-hoot notamment), je suis quand même un tout petit peu fière 🙂

Le résultat est jouable ici, même si ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais peut‑être que ça servira pour un projet futur, sait-on jamais.

Et sinon des jeux que j’ai essayé dans cette jam mon coup de cœur perso était Monster Chess de Graham Marlow, qui est aussi jouable dans le navigateur et est un jeu de puzzle utilisant les mouvements d’échecs mais ne demandant pas d’être fort·e aux échecs, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil !

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Published on June 03, 2025 12:20

May 21, 2025

En ce moment sur mon Patreon…

Coucou ! Je m’étais encore dit en début d’année qu’il faudrait que je poste plus souvent de nouvelles sur ce blog, mais je me rends compte que j’ai tendance à oublier et à juste relayer sur Mastodon, donc on va essayer de réparer un peu ça.

Donc voilà, depuis quelques semaines je publie chaque semaine sur mon Patreon le texte d’un roman inédit, à raison d’un chapitre par semaine. Pour l’instant je ne donne pas le titre publiquement, mais le nom de code «Code Bird».

Pourquoi cette histoire ? Bon déjà les noms de code c’est cool, mais pas uniquement. L’idée c’est qu’entre le moment de l’écriture d’un roman et sa publication effective, il peut se passer du temps. Beaucoup de temps. Surtout quand on envisage de passer par un éditeur (en auto-édition ça peut aller plus vite).

Donc comme ça m’embêtait de rien pouvoir montrer de nouveau, et parce que ça fait un bout de temps que ce texte était dans mes tiroirs, j’ai décidé de couper la poire en deux en ne le mettant pour l’instant qu’à disposition des personnes qui sont abonné·e·s sur mon Patreon, en attendant de voir de ce qu’il advenait de son avenir, tout en permettant quand même aux personne qui me soutiennent par ce biais d’y avoir accès.

Je ne sais pas si c’est une bonne solution, parce que du coup vu que le principe rend un peu compliqué d’en parler, mais à minima ça me semblait pas mal de relayer cette information ici vu que j’en ai parlé sur Mastodon 🙂

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Published on May 21, 2025 18:28

February 12, 2025

Punk is undead rejoint le Crowpack

Le roman Punk is undead passe sous licence libre CC-By-SA, Creative Commons Attribution Partage à l’identique et rejoint le Crowpack, ma compilation de textes queers sous licence copyleft.

Cette archive est téléchargeable gratuitement et commence à regrouper pas mal de textes : 

Punk is undead , romance paranormale lesbienne (page de présentation) Pas tout à fait des hommes , roman de fantasy (page de présentation); Noir & Blanc , polar surnaturel (page de présentation); L’énième prophétie , roman de fantasy (en cours de changement de format) ;le recueil de nouvelles Sorcières & Zombies (page de présentation, qui contient les textes suivant :Route de nuitCréatures de rêve (page de présentation)Sortir du cercueil (page de présentation)Une mine de déterrés (page de présentation)quelques nouvelles de fantasy urbaine impliquant des membres des Hell b☠tches et situées dans l’univers d’ Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) d’autres nouvelles situées dans des univers divers : Révolution avec une vampire , un mélange de science-fiction/fantasy avec de la lutte des classes et des vampires et des thématiques trans (page de présentation) Blonde à forte capacité pulmonaire , de la fantasy policière (page de présentation) La mémoire de l’eau , du polar fantastique (page de présentationTromperies sur la marchandise, une nouvelle de fantasy urbaine (page de présentation)Le mauvais genre des anges, une nouvelle de science-fiction/fantasy (page de présentation)On ne peut pas faire confiance aux démons, du fantastiqueUne leçon d’humanité, une courte nouvelle qui devait à la base être le début d’un space-opéra avec des vampiresRock’n troll, une courte nouvelle féministePirate !, une courte nouvelle anti-DRMune fiction interactive, Fraiche et dispo (page de présentation)

Pour avoir l’intégralité de mes textes disponibles sur ce site, il existe toujours le Ravenpack, qui perd donc, je suppose, un peu de sa « valeur ajoutée », mais ce n’est pas très grave. J’en profite pour remercier toutes les personnes qui me soutiennent, notamment sur Ko-Fi ou Patreon, et qui rendent ce choix moins compliqué !

Ce texte est disponible à prix libre intégral : même si vous pouvez y accéder gratuitement, vous êtes invité·e à faire une contribution.

Vous pouvez notamment me soutenir via un abonnement mensuel sur Patreon, et débloquer du contenu en avant-première ainsi que quelques contreparties, ou faire un don ponctuel.

S’abonner sur Patreon

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Published on February 12, 2025 15:21

February 4, 2025

Bilan auto-édition 2024 : on va gambarer

Comme chaque année depuis un moment, je fais un petit bilan sur mes activités d’auto-édition. Cette année, c’est un peu plus tard parce que j’avais envie d’avoir des chiffres de vente plus consolidés (en vrai je suis pas sure de ce que ça veut dire mais ça sonnait stylé) et accessoirement de prendre un peu le temps de réfléchir plutôt que de juste étaler ma déprime habituelle post-faisage de comptes.

L’année dernière j’écrivais en introduction « on va pas se mentir, c’est plutôt morose, au point où j’en viens à me demander si ça sera pas le dernier », là on va essayer de se calmer sur les sorties de violon et y aller plus posément.

Activité

En termes d’écriture, l’année 2024 n’a pas été folichonne, comme la précédente et celles d’avant. J’ai continué un projet de roman que j’avais commencé fin 2023 et que j’espère bien terminer cette année.

C’est clairement pas ouf, mais là ou l’an dernier j’étais hyper négative (« je pense que la question se pose d’arrêter cette aventure »), là je pense que c’est surtout que l’écriture de romans n’est plus le seul média auquel j’ai envie de me consacrer, et ce n’est pas très grave.

Il faut dire que même si je n’ai pas écrit de nouvelle choses, il y a quand même eu de la relecture et de la mise en page pour faire une sortie, ce qui est quand même plus sympathique. Et on peut même dire deux, puisqu’en plus du roman La fusillade est une science sociale, j’ai aussi adapté la nouvelle Sortir du cercueil en fiction (pas très) interactive, que je vous encourage à découvrir (gratuitement) sur Itch.io.

Je voulais aussi un peu plus écrire sur le blog, en testant d’autres choses ; au final je ne l’ai fait qu’en début d’année, oups. J’aimerais vraiment réussir à l’alimenter plus régulièrement. Parmi les tentatives dont je suis contente, il y a l’article sur Wikipédia, où j’estime avoir au moins essayé de faire un travail journalistique (plus, en tout cas, que certains journaux qui ont pondu des trucs à la va-vite, mais ça ne veut pas dire grand-chose…). Il y aussi des choses que je trouve moins satisfaisantes, comme mes tentatives de critiques jeux vidéos qui au final n’apportaient pas grand-chose et sont un peu au ras des pâquerettes.

Nombre de ventes

Allez on passe sur le côté chiffres, en sachant que j’ai un tout petit peu changé ma façon de calculer ce qui rentre dans une année VS une autre par rapport aux bilans précédents mais ça devrait pas être majeur.

Remarque

Ces chiffres ne concernent que les ventes de livres en auto-édition, et donc ne prennent pas en compte Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), Enfants de Mars et de Vénus, ni Créatures de Rêve, qui sont édités par Dans nos histoires dans le circuit plus «traditionnel». Aussi, ils ne sont pas forcément fiables à 100%, mais ça donne une idée.

Numérique/Ebooks : 97 (↗ 94 l’an passé)Amazon : 40 ( 41%) (↘ 51 l’an passé)Kobo : 17 (18%) (↗ 11 l’an passé)Ko-Fi: 27 (28%) (↗ 18 l’an passé)Autres : 13 (13%) (↘ 14 l’an passé)Papier : 95 (↗ 46 l’an passé)Total : 192 (↗ 140 l’an passé)

Au niveau du numérique les chiffres sont globalement les mêmes, avec une baisse de mes ventes sur Amazon qui se confirme depuis plusieurs années. C’est compensé par une hausse des ventes directes via Ko-fi, ce qui me va très bien parce que ça permet de ne pas dépendre d’Amazon (et, vu la politique actuelle aux USA, il vaut sans doute mieux).

Au niveau des ventes papier il y a un bond sans doute aidé par la sortie de La fusillade est une science sociale, qui, étonnamment, ne s’est pas vendu tant que ça mais a permis de relancer La sorcellerie est un sport de combat.

Là encore, seule une minorité des ventes en papier se fait maintenant via Amazon, l’essentiel se faisant via BOD, qui a l’avantage de permettre à des libraires de commandes les livres (et de ne pas passer par Bezos).

Chiffre d’affaire

Comme d’habitude, c’est l’occasion de remercier les personnes qui me soutiennent financièrement malgré ma production sporadique 💜💜💜

Au total, c’est vraiment très similaire à l’année passée, ce qui n’est pas forcément dramatique parce que l’année dernière je notais que la fermeture subite de uTip l’an passé aurait peut-être plus d’impact cette année, donc au final c’est pas si mal de juste tenir le coup.

Dans le détail :

Auto-édition : 2168€ (↗ 2075 l’an passé)Abonnements (Patreon) : 834€ (↘ 1202 l’an passé)Royalties (Amazon/Kobo/Smashwords/BOD) : 345€ (↘ 377 l’an passé)Ventes et dons directs via le site : 989€ (↗ 437 l’an passé)Droits d’auteur édition classique : 9€

Donc il y a effectivement une baisse des paiements liés aux dons réguliers, mais une augmentation des dons ponctuels. Ce qui me rassure un peu dans l’idée que les gens continuent de donner parce qu’iels en ont envie et pas juste à cause d’un renouvellement automatique 💜

J’avais aussi mis mes droits d’auteurs en édition «classique» (le terme est discutable), donc je le mets aussi cette année, en gros y’a rien mais c’est sur les chiffres de 2023 et bon voilà je suis pas sure de pourquoi je les met là à part peut-être que si j’avais un roman édité où je gagnais trente mille boules vous seriez légitime à pas forcément vous sentir obligé·e de me soutenir sur Patreon ou Ko-Fi ?

Et maintenant ?

L’an dernier j’écrivais, de façon ridiculement grandiloquente : « il est hors de question que je fasse un bilan similaire en 2024 et, si c’est le cas, je pense qu’il sera temps de mettre la clé sous la porte ». Alors, le bilan est quand même un peu similaire, donc est-ce que c’est le « clap final » ?

Ben non 🐱

Par contre je dois admettre que je n’ai plus forcément envie d’écrire autant en ce moment qu’à un moment donné. Je réalise maintenant que je me remets tout juste d’un burnout du moment où j’avais écrit Punk is undead, avec tous ces trucs intériorisé qu’un·e auteurice doit écrire, et en auto-édition il faut écrire beaucoup et régulièrement si tu veux exister etc.

Et j’en ai pas la capacité, ou pas l’envie.

J’ai envie de butiner : terminer un roman certes, mais aussi expérimenter d’autres formes comme la fiction interactive ou le jeu vidéo, mais y compris des choses moins directement liées comme des articles, ou parler du dernier langage de programmation que j’ai adoré, sortir une nouvelle version de Crowbook, parler de vélo ou je sais pas quoi, etc.

Pendant longtemps j’ai plus ou moins séparé mon gout pour l’informatique et celui pour l’écriture (avec quelques exceptions comme Betty et Karima dans La sorcellerie est un sport de combat / La fusillade est une science sociale), avec l’idée que d’un côté :

parler d’informatique intéresserait pas les gens qui viennent pour la fiction ;le côté légèrement politisé de ladite fiction serait pas terrible si je voulais trouver un vrai travail.

Sauf que bon, d’une part je crois que je n’ai pas envie de travailler pour une boite qui refuserait de me recruter si elle tombait sur le compte « Lizzie Crowdagger » (on me l’a dit une fois explicitement) ; et, d’autre part, déjà je pense qu’il y a un certain nombre de geeks parmi les personnes qui me lisent et, surtout, personne n’est obligé de tout lire non plus.

Et puis, l’informatique est une science occulte, qu’on peut utiliser à des fins émancipatrices mais qui est aussi malheureusement surtout beaucoup utilisée par des connards avides de pouvoir pour en acquérir plus et asservir celles et ceux qui ne maitrisent pas ses arcanes. Ouais, y’a quand même comme un point commun avec la sorcellerie dans mes romans.

C’est pour ça que je me suis permise, avant de faire ce bilan sur l’auto-édition, de faire le bilan sur l’instance Mastodon Corneill.es, parce que même si ce n’est pas un projet d’écriture, c’est quand même connecté avec tout le reste.

Après tout, tout est connecté, c’est le principe d’une écrivaine holistique.

Alors en vrai, je ne sais pas exactement ce que je ferai demain : si ça se trouve je vais à nouveau avoir envie de faire du roman, et me focaliser là-dessus. Ou peut‑être que je proposerai plutôt un livre d’introduction à la programmation. Ou peut‑être (probablement !) rien de tout ça.

Ajout : Je sors aussi de deux évènements cools qui m’ont rappelée que voir un peu des gens ça fait du bien, et j’aimerais bien essayer de faire ça plus souvent. Donc si vous êtes une assoce, une librairie indé ou que sais-je et que vous voulez m’inviter, n’hésitez pas à proposer, et sinon je ferai ptet des trucs un peu plus schlagos 😁

J’espère juste que ce ne sera pas «devoir bosser pour moins que le SMIC pour avoir le droit de continuer à toucher le RSA». Parce qu’il ne faut pas non plus se voiler la face : en ce moment, le vent est de face, et il va falloir qu’on s’accroche, collectivement, qu’on s’aide et qu’on s’aime, qu’on construise brique par brique des espaces de résistance et qu’on se serre les coudes et les coussinets.

💜 et 🐱,

Lizzie

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Published on February 04, 2025 13:09

January 17, 2025

Évènements hivernaux : Genève le 22 janvier, Paris le 1er février

Je suis très heureuse de vous annoncer que j’ai été invitée et serai donc présente pour deux évènements prochainement :

Mercredi 22 janvier à Genève

Tout d’abord, je serai présente ce mercredi 22 janvier à Genève, pour une rencontre organisée par la librairie Fahrenheit 451.

Rencontre Lizzie Crowdagger 22 janvier 18h30 Librairie Fahrenheit 451

Ce sera le mercredi 22 janvier, à 18h30 à Genève et plus précisément à la librairie Fahrenheit 451, située 24 rue Voltaire.

Samedi 1er février à Paris

Une dizaine de jours plus tard, je suis invitée à Paris par l’Espace Santé Trans pour un atelier d’écriture à l’instant T du FLIRT.

Atelier d’écriture avec Lizzie Crowdagger Samedi 1er février La Bulle maison des solidarités LGBTQI+ En non-mixité trans et NB Lizzie nous fait la joie de venir sur l’invitation d’Espace Santé Trans proposer un atelier d’écriture à l’instant T du FLIRT L’atelier se déroulera en non-mixité trans (-fem, ‑masc, NB) dans nos locaux associatifs à la Bulle, 22 rue Malher à Paris 4ème, samedi 1er février à partir de 14h Pour participer apporte de quoi écrire (ton stylo, ton ordinateur, comme tu préfères) et un goûter à partager si tu en as envie ”J’écris des histoires avec des lesbiennes vampires et des punks garoues. J’ai envie de voir plus de fictions dans ces genres avec des héroïnes qui font des choses pour elles, n’ont pas besoin d’être validées par les hommes et peuvent aussi s’aimer entre elles ; où toutes ne correspondent pas forcément aux normes de beauté ; et où ces protagonistes cherchent plus à exprimer leur révolte contre une société injuste qu’à la préserver de menaces extérieures. Ma prétention n’est pas d’écrire de la Haute Littérature, mais ce que j’aime ou aimerais lire et que je ne vois malheureusement que trop peu. Pour plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur crowdagger.fr, où un certain nombre de textes peuvent être téléchargés librement.”

Il s’agit d’un atelier d’écriture en non-mixité trans, gratuit et sans inscription, qui aura lieu à la Bulle, 22 rue Malher à Paris IV, samedi 1er février à partir de 14h.

Je suis impatiente de vous croiser à l’un de ces évènements ! 💜

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Published on January 17, 2025 12:40

January 15, 2025

Bilan de l’instance Mastodon Corneill.es

Coucou et bonne année 2025 !

Je ferai bientôt un bilan de l’année 2024 d’un point de vue écriture et auto-édition, mais je voulais d’abord parler un peu d’un projet secondaire qui m’a aussi un peu occupé, l’instance Mastodon Corneill.es.

C’est quoi ?

Corneill.es est une instance de Mastodon qui permet à ses utilisateurices de micro-blogger en toute indépendance des grandes plate-formes en participant de manière fédérée et décentralisée au réseau du Fedivers en général et de Mastodon en particulier, ce qui permet ainsi de suivre ou d’être suivi·e par des centaines de milliers de personnes sur d’autres serveurs.

C’est une alternative libre à des réseaux comme Twitter ou encore Threads, et, si vous ne connaissez pas, je vous invite à jeter un coup d’œil et à vous créer un compte soit sur l’instance Corneill.es soit sur Mastodon en général.

J’ai lancé cette instance en fin d’année 2022, ce qui fait qu’elle en est maintenant à un peu plus de deux ans d’existence. Au départ c’était un projet littéraire que j’ai évidemment abandonné, mais c’est devenu une instance «classique» qui est maintenant un petit coin de réseau social libre et indépendant pour une cinquantaine de personnes plus ou moins régulières.

Au cours des derniers mois j’ai essayé d’articuler un peu les «particularités» et les approches de cet espace, en raffinant la page À propos — même si la description courte « instance Mastodon francophone queer-centrée à tendance gauchiste qui essaie d’être un endroit sympa » n’a pas changé depuis un moment — et en détaillant l’approche de modération dans un post.

Le financement

Une question cruciale quand on parle de services en ligne, surtout les plus importants, c’est celle du financement : combien d’endroits qui étaient des endroits plutôt sympas sont devenus merdiques quand les fonds d’investissement qui avaient mis des millions et des milliards commençaient à réclamer des bénéfices ?

On n’est évidemment pas dans ce cas, mais la question de la pérennité d’espaces tenus à bouts de bras par une personne ou un petit groupe qui met de ses deniers personnels se pose aussi.

Concrètement, la parte concrète et très technique de l’hébergement est gérée par le collectif Fedi.monster qui est derrière un certain nombre d’autres instances du Fediverse. Il est possible de les soutenir via leur page Open Collective, qui a été créée cette année, il y avait un fonctionnement un peu différent avant.

Ce qui explique que j’ai aussi une page Liberapay qui sert principalement à récupérer de l’argent pour Corneill.es, et je donne de mon côté une vingtaine d’euros par mois à Fedi.monster, ce qui était le tarif fixe qui était le cas avant.

Au final de mon côté les dons me permettent de couvrir à peu près cette somme, ce qui ne me semblait pas forcément couru d’avance, donc c’est plutôt cool de voir que des mécaniques de prix libres peuvent en partie financer un Internet indépendant… même si ça tourne aussi beaucoup avec de l’investissement en temps bénévole ou quasi-bénévole.

La modération

Si je voulais faire ce bilan, c’était aussi pour parler de la partie modération pour partager un peu ce que j’ai appris dans ces deux années d’expérience en modération sur Mastodon, en temps qu’admin et seule modératrice sur Corneill.es et comme membre de l’équipe de modération sur Eldritch.cafe.

Le côté décentralisé fait qu’il y a deux aspects assez différents suivant qu’il s’agisse de modérer du contenu d’utilisateurices sur notre serveur, ou alors de gens sur d’autres serveurs.

Le premier cas est à la fois le plus important, puisque c’est ce dont on peut‑être pénalement responsable dans certains cas mais aussi et surtout parce que j’estime l’être moralement : je n’ai pas envie de donner de plate-forme à des nazis, ou un outil marketing à des spammeurs, etc.

C’est aussi celui qui demande en réalité le moins de boulot, avec une astuce très simple : valider les inscriptions à la main, ce qui permet de ne pas valider les comptes robots. C’est certes un peu plus pénible pour quelqu’un qui veut se créer un compte rapidement, mais il y a aussi un système d’invitations qui permet aux gens qui ont déjà un compte sur l’instance d’inviter leurs ami·e·s sans avoir à passer par cette étape. Mais ce ne serait clairement pas une bonne idée pour un site qui vise à avoir le maximum d’utilisateurices pour maximiser le chiffre d’affaires, ce qui explique peut-être en partie pourquoi la modération sur tant de plate-formes est merdique.

Un autre aspect de la modération qui est sans doute un peu spécifique à Mastodon et au Fedivers, de par l’aspect décentralisé, consiste à protéger les personnes qui sont sur notre serveur du contenu indésirable présent sur d’autres serveurs. Ça demande en pratique plus de travail, et ça consiste essentiellement à bloquer des petits (ou, parfois, gros) serveurs d’extrême-droite, ravagés par le spam, ou qui hébergent occasionnellement du contenu vraiment craignos.

En particulier, un truc auquel je n’ai été réellement confrontée qu’une fois ou deux mais pour lequel je n’étais absolument pas préparée, c’est le contenu pédocriminel. Je n’ai malheureusement pas grand chose à dire sur le sujet parce que ça reste un domaine sur lequel je ne suis pas du tout assez formée.

Cela dit, même si ça fait partie des expériences fort désagréables, ça reste très marginal et ça ne fait pas partie de ce qui demande vraiment du temps à consacrer à la modération.

Étrangement ce qui est le plus compliqué à gérer c’est toutes les choses beaucoup moins graves, parce que la réponse n’est pas évidente : est-ce qu’il faut agir contre quelqu’un qui est juste un peu relou ? Contre quelque chose avec lequel on n’est pas en désaccord sur le fond mais où la forme est trop agressive ? Est-ce qu’il vaut mieux agir vite, ou est-ce qu’au contraire c’est prendre le risque de « surmodérer », bref d’en faire trop ?

Pour toutes ces questions il n’y a pas forcément de bonne ou de mauvaise réponse évidente, mais ça demande aussi de réfléchir à ce qu’on veut faire de l’espace, et il y a eu sans doute (et il y aura encore) pas mal de tâtonnements pour élaborer quelque chose de cohérent qui correspond à Corneill.es et qui n’est pas forcément identique à celles d’autres instances du Fedivers, même proches, et ça se construit aussi collectivement, avec des discussions et des pratiques qui émergent.

Construire des ilots (voire un archipel) d’indépendance

À l’heure où la réélection du fasciste Donald Trump s’est faite avec le soutien de Musk, propriétaire de Twitter, et où Zuckerberg (Facebook, Instagram, Threads et Whatsapp) se rallie à la croisade anti-woke, il est crucial de faire vivre des espaces indépendants, sur Internet comme en dehors. Corneill.es est ma petite tentative de participer à cet effort, et je vous invite évidemment à rejoindre cet espace si vous en avez envie, mais aussi de manière plus générale à faire vivre le web indépendant, en rejoignant Mastodon ou le Fédivers plutôt que Twitter, en créant un site web pour votre assoce plutôt (ou, au moins, en plus de) qu’une page Facebook ou Instagram, en créant et en soutenant des médias indépendants, infokiosques, etc.

Il ne s’agit pas juste comme je l’entends parfois de « consommer autrement », mais bien de construire ensemble, parfois de façon bordélique et désordonnée, parfois pour un résultat moins joli qu’une solution Business Corporate© et parfois en s’engueulant aussi entre nous, mais avec la satisfaction que ça nous appartient à nous collectivement et pas à Business Corporation™.

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Published on January 15, 2025 10:44

May 12, 2024

Afficher des notes de bas de page en «popup» avec JavaScript

Petit retour d’expérience sur un peu de bricolage Javascript. Pour montrer ce que ça donne et parce que je ne suis pas sure de ce que vaut la citation de code sous WordPress, le plus simple était de mettre un fichier HTML distinct, que j’ai embeddé ci-dessous, donc si ça ne s’affiche pas bien, allez voir le fichier HTML seul.

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Published on May 12, 2024 16:24