Recommandation : Brat - Gabriel Smith

brat

Ce livre-là traînait depuis 2024 dans ma bibliothèque. Je l’avais ramassé sur un coup de tête. Je n’en avais jamais entendu parler et à ce jour, n’en ai toujours pas entendu parler. What a shame, parce que Brat m'a complètement pris au dépourvu : je ne m'attendais pas à l'aimer autant, mais j'ai tout dévoré. C’est HILARANT et le personnage principal est la meilleure weird girl… mais c’est un gars! Je ne pensais pas que c’était possible, mais it is !Un récit gothique contemporain narré par un jeune écrivain antipathique en deuil qui retourne dans sa maison familiale… pour faire tout sauf ce qu’il est censé y faire. Un livre sur le deuil, les réalités parallèles et la création.

Ça parle de quoi ?

Gabriel perd son père et sa relation amoureuse, en plus de peiner à terminer la rédaction de son deuxième livre. À la demande de la femme de son frère, il réemménage dans la demeure familiale où son père vivait pour vider la maison en vue de sa vente.

Sauf que vraiment, Gabriel n’a aucune envie de s’acquitter de cette tâche. Il se lance plutôt dans une fouille de la maison : il trouve des manuscrits inachevés qui semblent changer à chaque relecture, et des cassettes vidéo qui ne montrent pas la même chose d’un visionnement à l’autre. De grands morceaux de sa peau se mettent subitement à tomber de son corps, tandis que la maison se détériore autour de lui. Des personnages et des figures étranges semblent surgir directement des manuscrits découverts dans la maison. À travers tout ça, son frère envoie des agents immobiliers et des évaluateurs pour enclencher la vente de la maison.

Bref, c’est le chaos, et c’est délicieux.

Points forts

Le rythme du roman est une des choses que j’ai appréciées : des phrases courtes et une prose simple et tendue qui nous enjoignent de dévorer les pages à toute vitesse, ce qui contraste avec l’apathie apparente du personnage principal, qui, d’ailleurs, est détestable, une vraie Brat.

Le livre se distingue aussi par l’imbrication de plusieurs récits secondaires dans l’histoire principale. On y retrouve entre autres les articles écrits par l’ex-copine, le manuscrit oublié de sa mère et un scénario inachevé par son père. Les personnages de ces histoires secondaires, ainsi que ce qui leur arrive, ont tendance à déborder dans la ligne narrative principale, ce qui vient brouiller les cartes.

Brat est une vraie autofiction. (Avec le temps, j’en suis venue à craindre les autofictions; dans le monde francophone, le terme semble avoir dérivé pour désigner ce qu’on devrait plutôt nommer un mémoire.) (Un auteur qui écrit sur sa vie écrit un mémoire.) Le terme autofiction suppose d’utiliser sa propre personne comme personnage et de la mettre dans une situation fictionnelle.) L’auteur, en plus de se mettre dans des situations fâcheuses, n’hésite pas à embarquer sa mère, son père et son frère dans une histoire de maison hantée où il semble qu’on ne peut rien croire de ce qui nous est raconté.

Pourquoi on aime?

J’ai particulièrement aimé ce livre (certainement un de mes préférés de l’année), parce que son humour noir et son absurdité m’ont fait beaucoup rire. Beaucoup de choses m’ont esthétiquement plu : le sentiment continu d’être observé, la maladie physique inexpliquée qui s’empire avec le temps, la maison qui se détériore, les choses du quotidien qui ne fonctionnent pas de la manière dont elles devraient, un personnage qui doit faire quelque chose, mais qui ne le fait pas, les nouveaux personnages qui débarquent tout droit d’histoires secondaires, etc.

C’est comme un mélange d’angoisse de mauvais lendemain de veille et de l’impression d’avoir fait un cauchemar traumatisant, sans pourtant parvenir à s’en rappeler. C’est drôle et surtout, clever dans l’exploration du thème du deuil et de la créativité.

Un parfait petit livre d’horreur pour ceux qui «n’aiment pas l’horreur».

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Published on August 27, 2026 13:06
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