L Alouette Quotes

Quotes tagged as "l-alouette" Showing 1-5 of 5
Gabrielle Roy
“Alors il se campa comme pour résister à du vent, les pieds écartés, la tête projetée en arrière, le regard déjà vif, se transformant sous mes yeux infiniment plus que j’avais pu le voir jusqu’à cette fois-ci — la première où il chanta à l’école dans la langue de sa mère —, petit rustique devenu un possédé de musique. Le corps se balançait à un rythme enlevant, les épaules se soulevaient, les yeux lançaient des flammes et un sourire écartait de temps en temps les lèvres un peu charnues, cependant que de sa main levée il paraissait nous indiquer au loin dans un geste gracieux quelque joli spectacle, et l’on ne pouvait que suivre le geste et tenter de voir aussi ce qui le mettait en joie. Je ne savais ce qui était le mieux : l’écouter les yeux fermés pour goûter sans être distraite cette délicieuse voix ; ou le regarder faire, si vivant, si enjoué, qu’il semblait près de s’élever du sol.”
Gabrielle Roy, Children of My Heart

Gabrielle Roy
“Un jour j’eus l’idée de lui emmener Nil pour la distraire, car elle trouvait le temps « long à périr ».
— Viendrais-tu, Nil, chanter pour ma mère à moi qui a perdu toutes ses chansons ?
Il avait une façon d’acquiescer, sans mot dire, en plaçant sa petite main dans la mienne comme pour signifier : « Tu sais bien que j’irais avec toi jusqu’au bout du monde… » qui m’allait droit au cœur.”
Gabrielle Roy, Children of My Heart

Gabrielle Roy
“De toutes les prisons que l’être humain se forge pour lui-même ou qu’il a à subir, aucune, encore aujourd’hui, ne me paraît aussi intolérable que celle où l’enferme la vieillesse.”
Gabrielle Roy, Children of My Heart

Gabrielle Roy
“Et le spectacle tragique de la salle se terminait en une espèce de parodie, les vieillards s’agitant comme des enfants, les uns prêts à rire, les autres à pleurer, parce qu’ils retrouvaient si vivement en eux la trace de ce qui était perdu. Alors je me dis que c’était trop cruel à la fin et que jamais plus je n’emmènerais Nil chanter pour rappeler l’espoir.”
Gabrielle Roy, Children of My Heart

Gabrielle Roy
“Je tentai, par l’intermédiaire de Nil, d’exprimer à Paraskovia Galaïda quelque chose de la joie que les chants de son petit garçon avaient apportée à tant de gens déjà, et elle, à travers lui, chercha à me dire ses remerciements pour je ne compris pas trop quoi au juste. Bientôt nous avons renoncé à épancher nos sentiments à l’aide de mots, écoutant plutôt la nuit.

Il me sembla alors saisir un signe de Paraskovia Galaïda à Nil. Les lèvres closes, elle lui donna le ton un peu comme lui-même le donnait à l’école. Une délicate vibration musicale de la gorge fila un moment. Puis leurs voix partirent, l’une un peu hésitante tout d’abord, mais vite entraînée par la plus sûre. Alors elles montèrent et s’accordèrent en plein vol dans un chant étrangement beau qui était celui de la vie vécue et de la vie du rêve.

Sous le ciel immense, il prenait le cœur, le tournait et retournait, comme l’aurait fait une main, avant de le lâcher, pour un instant, avec ménagement, à l’air libre.”
Gabrielle Roy, Children of My Heart