“Mais il est des gens qui croient que la fiction est limitée par la fiction, et non par l'intelligence ; c'est-à-dire qu'après avoir feint une chose, et avoir affirmé, par un acte libre de la volonté, l'existence de cette chose, déterminée d'une certaine manière dans la nature, il ne nous est plus possible de la concevoir autrement. Par exemple, après avoir feint (pour parler leur langage) que la nature du corps est telle ou telle, il ne m'est plus permis de feindre une mouche infinie ; après avoir feint l'essence de l'âme, il ne m'est plus permis d'en faire un carré, etc.
Cela a besoin d'être examiné. D'abord, ou bien ils nient, ou bien ils accordent que nous pouvons comprendre quelque chose. L'accordent-ils ; ce qu'ils disent de la fiction, ils devront nécessairement le dire aussi de l'intelligence. Le nient-ils ; voyons donc, nous qui savons que nous savons quelque chose, ce qu'ils disent. Or, voici ce qu'ils disent : l'âme est capable de sentir et de percevoir de plusieurs manières, non pas elle-même, non pas les choses qui existent, mais seulement les choses qui ne sont ni en elle-même ni ailleurs : en un mot, l'âme, par sa seule vertu, peut créer des sensations, des idées, sans rapport avec les choses, à ce point qu'ils la considèrent presque comme un dieu. Ils disent donc que notre âme possède une telle liberté qu'elle a le pouvoir et de nous contraindre et de se contraindre elle-même et de contraindre jusqu'à sa liberté elle-même. En effet, lorsque l'âme a feint quelque chose et qu'elle a donné son assentiment à cette fiction, il ne lui est plus possible de se représenter ou de feindre la même chose d'une manière différente ; et en outre, elle se trouve condamnée à se représenter toutes choses de façon qu'elles soient en accord avec la fiction primitive. C'est ainsi que nos adversaires se trouvent obligés par leur propre fiction d'accepter toutes les absurdités qu'on vient d'énumérer, et que nous ne prendrons pas la peine de combattre par des démonstrations .”
― On the Improvement of Understanding
Cela a besoin d'être examiné. D'abord, ou bien ils nient, ou bien ils accordent que nous pouvons comprendre quelque chose. L'accordent-ils ; ce qu'ils disent de la fiction, ils devront nécessairement le dire aussi de l'intelligence. Le nient-ils ; voyons donc, nous qui savons que nous savons quelque chose, ce qu'ils disent. Or, voici ce qu'ils disent : l'âme est capable de sentir et de percevoir de plusieurs manières, non pas elle-même, non pas les choses qui existent, mais seulement les choses qui ne sont ni en elle-même ni ailleurs : en un mot, l'âme, par sa seule vertu, peut créer des sensations, des idées, sans rapport avec les choses, à ce point qu'ils la considèrent presque comme un dieu. Ils disent donc que notre âme possède une telle liberté qu'elle a le pouvoir et de nous contraindre et de se contraindre elle-même et de contraindre jusqu'à sa liberté elle-même. En effet, lorsque l'âme a feint quelque chose et qu'elle a donné son assentiment à cette fiction, il ne lui est plus possible de se représenter ou de feindre la même chose d'une manière différente ; et en outre, elle se trouve condamnée à se représenter toutes choses de façon qu'elles soient en accord avec la fiction primitive. C'est ainsi que nos adversaires se trouvent obligés par leur propre fiction d'accepter toutes les absurdités qu'on vient d'énumérer, et que nous ne prendrons pas la peine de combattre par des démonstrations .”
― On the Improvement of Understanding
“Item. A hand in plaster. This was the right hand of Venus. A hand like a dahlia blossom, a pure white hand, mounted on a stand. But if you looked at it carefully you could tell how this pure white, delicate hand, with whorl-less finger tips and unmarked palms, expressed, so pitifully that even the beholder was stabbed with pain, the shame intense enough to make Venus stop her breath; in the gesture was implicit the moment when Venus' full nakedness was seen by a man, when she twisted away her body, flushed all over with the prickling warmth of her shock, the whirlwind of her shame, and the tragedy of her nudity. Unfortunately, this was only a piece of bric-à-brac. The clerk valued it at fifty sen.”
― The Setting Sun
― The Setting Sun
“I’m in no hurry: the sun and the moon aren’t, either.
Nobody goes faster than the legs they have.
If where I want to go is far away, I’m not there in an instant.
(6/20/1919)”
― The Collected Poems of Alberto Caeiro
Nobody goes faster than the legs they have.
If where I want to go is far away, I’m not there in an instant.
(6/20/1919)”
― The Collected Poems of Alberto Caeiro
“Throughout my life I have seen, without one exception, narrow-shouldered men performing innumerable idiotic acts, brutalizing their fellows, and corrupting souls by every means. They call the motive for their actions: fame.”
― Maldoror and the Complete Works
― Maldoror and the Complete Works
Benjamin’s 2025 Year in Books
Take a look at Benjamin’s Year in Books, including some fun facts about their reading.
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