Orlandooo’s Reviews > Leurs enfants après eux > Status Update
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Orlandooo
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« Puis ces étés adultes, presque insoupçonnables, réduits aux trois semaines de congés payés obligatoires, qui semblaient toujours ratées, insuffisantes. Avec le chômage, il en avait connu d'autres, des étés coupables et lents, à mariner et se faire du mauvais sang. Et puis maintenant. Il ne savait plus. Il se sentait en dehors des choses. C’était à la fois un soulagement et une colère. »
— Nov 29, 2025 02:56AM
Orlandooo
is on page 339 of 554
« C'était une de ces zones ambiguës où de rares maisons, avec des jardinets, des clôtures, des volets de couleur, faisaient un archipel inconsistant. Il y avait des panneaux indicateurs, des fils électriques, du vide entre les gens. Ce n'était pas la campagne, ni une ville, pas non plus un lotissement. Un arrêt de bus entretenait la fiction d'un lien avec la civilisation. »
— Nov 24, 2025 01:45PM
Orlandooo
is on page 302 of 554
« Là-dedans, la climatisation tempérait les humeurs. Bippers et téléphones éloignaient les comparses, réfrigéraient les liens. Des solidarités centenaires se dissolvaient dans le grand bain des forces concurrentielles. Partout, de nouveaux petits jobs ingrats, mal payés, de courbettes et d'acquiescement, se substituaient aux éreintements partagés d'autrefois. »
— Nov 22, 2025 04:19AM
Orlandooo
is on page 266 of 554
« Après tout, lui aussi en avait ras le bol de toute cette mémoire ouvrière. Elle donnait à ceux qui n'avaient pas vécu cette époque le sentiment d'être passés à côté de l'essentiel. Elle rendait par comparaison toute entreprise dérisoire, toute réussite minuscule. Les hommes du fer et leur bon vieux temps faisaient chier depuis trop longtemps. »
— Nov 21, 2025 03:04PM
Orlandooo
is on page 196 of 554
« Ici, la vie était une affaire de trajets. On allait au bahut, chez ses potes, en ville, à la plage, fumer un pet' derrière la piscine, retrouver quelqu'un dans le petit parc. On rentrait, on repartait. Chaque désir induisait une distance, chaque plaisir nécessitait du carburant. A force, on en venait à penser comme une carte routière. Les souvenirs étaient forcément géographiques. »
— Nov 19, 2025 02:44PM
Orlandooo
is on page 137 of 554
« Le sentiment que ça ne finirait jamais, la sujétion, l'enfance, les comptes à rendre. Par moments, il se sentait tellement mal qu'il lui venait des idées expéditives. Dans les films, les gens avaient des têtes symétriques, des fringues à leur taille, des moyens de locomotion. Lui se contentait de vivre par défaut, nul au bahut, piéton, infoutu de se sortir une meuf, même pas capable d'aller bien. »
— Nov 17, 2025 02:21PM
Orlandooo
is on page 104 of 554
«Sur son passage, les gens ne voyaient rien qu'une silhouette maigre, deux bras filiformes sortis d'un t-shirt extra-large. Aussitôt, ils tiraient de cette vision et de la gêne occasionnée des conclusions politiques. Dans la poitrine de Hacine, un cœur de dix-sept ans était pris dans les barbelés. Il était évidemment exclu pour lui de s'arrêter aux feux. La mort devenait par instants un sort enviable.»
— Nov 17, 2025 12:43PM
Orlandooo
is on page 69 of 554
«Un titre qui venait d'une ville américaine et rouillée pareil, une ville de merde perdue très loin là-bas, où des petits blancs crades buvaient des bières bon marché dans leurs chemises à carreaux. Et cette chanson, comme un virus, se répandait partout où il existait des fils de prolo mal tichus, des ados véreux, des rebuts de la crise, des filles mères, des fumeurs de shit et des élèves de Segpa.»
— Nov 16, 2025 02:35PM

