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Fabien Maréchal Fabien Maréchal > Quotes

 

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“— Je n'ai jamais compris ce truc chez les femmes, insiste-t-il. Vous adorez le boucan. Mixeur, sèche-cheveux, tondeuse, à moins de 80 décibels, vous croyez que c'est en panne et vous appelez le service après-vente. Ma chérie, si nous ne vivions pas ensemble, je t'offrirais une machine à bruit pour ton anniversaire."
Je devrais le gifler.”
Fabien Marechal, Protection rapprochée
“L’homme est ainsi fait que, quand il ne voit pas de nuage, il a besoin d’en trouver un pour se rassurer. S’il ne voit pas un malheur s’avancer, il se dit que la prochaine catastrophe, pour être aussi bien dissimulée, elle sera d’ampleur, aussi vaut-il mieux tout de suite œuvrer à mettre des nuages dans le ciel, des nuages qu’on connaît, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on meurt de faim ou noyé ou lépreux ou bombardé à travers le monde, mais le soleil, allez savoir ce que ça cache, d’ailleurs si on le regarde en face, ça rend aveugle, c’est bien la preuve.”
Fabien Marechal, Dernier avis avant démolition
“C'est peut-être cela, vieillir. Commencer à voir les portes se fermer l'une après l'autre. Un beau matin, nous nous levons et nous nous apercevons qu'une porte que nous avions laissée ouverte en nous couchant s'est refermée durant la nuit. Pour la rouvrir, macache ! Elle est vérrouillée de l'intérieure, la clef dans la serrure, avec le bruit des pas qui s'éloignent de l'autre côté, les souvenirs. La dernière porte, c'est toujours une porte de chambre.”
Fabien Marechal, Nouvelles à ne pas y croire
“Un jour, il faudrait sans doute retrouver du travail. Mais cela ne m’intéressait pas. La seule question qui vaille n’est pas de savoir s’il y a une vie après la mort professionnelle, ni même une vie après la mort tout court, mais une vie pendant la vie.”
Fabien Maréchal
“Pour être franche, on se fait à la vidéosurveillance comme aux trains quand on habite à côté d’une voie ferrée. Le temps dissout tout. Il suffit de ne pas penser qu’un policier indélicat, quand le lieutenant est absent… Que les enregistrements sont détruits… Qu’une machine ne les duplique pas pour le cas où… Il suffit d’oublier. L’oubli peut devenir une habitude que l’on prend, comme des gens finissent par aimer les conditions de leur malheur.”
Fabien Marechal, Protection rapprochée
“Emplir la liberté de quelque chose de vraiment libre n'est toutefois pas si simple. C'est beaucoup plus difficile que d'occuper son temps au maximum pour l'oublier. Je dispose d'une heure entière, mais voici ce qui cloche : je ne l'ai pas obtenue. Elle m'est imposée, comme une promenade dans une cour d'établissement pénitentiaire.”
Fabien Marechal, Protection rapprochée
“Nul ne peut imaginer le nombre de fois où il faut déclarer être veuf une fois que l'on est veuf, pour régler le juste-après, pour légaliser l'encore-après, pour justifier le maintenant, alors qu'il n'existe aucune case à cocher pour dire que l'on a perdu un enfant. On peut être parricide, infanticide, on peut être orphelin de père ou de mère, mais il n'existe même pas de mot pour nommer ce que tu es précisément.
Orphelin de ton fils.”
Fabien Marechal, Plus personne pour aujourd'hui
“Il arrive à tout le monde d'avoir quelqu'un à la maison que l'on a envie de voir partir, quelqu'un que l'on aime bien, mais comme on est très pressé ou très fatigué, on voudrait bien que ce quelqu'un plie les gaules, si je puis dire, et c'est le moment qu'il choisit pour se caler contre le dossier en soupirant : "Qu'est-ce qu'on est bien, chez vous !".”
Fabien Marechal, Nouvelles à ne pas y croire
“Je n'ai jamais entretenu de femme mais j'ai souvent eu la sensation d'entretenir ma voiture, toujours plus exigeante à mesure qu'elle se décatissait.”
Fabien Marechal, Nouvelles à ne pas y croire
“Je m'effraie à l'idée qu'il existe des générations spontanées de machines. Des machines inventant des machines à manger du papier pour des machines inventant des machines à produire du papier pour des machines qui... Je frémis.”
Fabien Marechal, Protection rapprochée
“Il aurait été d'un naturel jovial s'il n'était pas devenu journaliste. Dans sa jeunesse, il avait envisagé de se faire clown.”
Fabien Marechal, Nouvelles à ne pas y croire
“Tu imaginais déjà ton fiston, une semaine plus tard, cavalant vers tes bras grands ouverts à travers l'aérogare numéro trois. Tu le ferais décoller mieux qu'en Boeing. Il jetterait ses mains autour de ton cou. Peu après, tu sentirais celles de ta compagne - ta compagne : rien que ce mot, tu l'aimais, parfois tu le prononçais pour toi-même, doux, moelleux comme un gros pull d'hiver où il fait bon se pelotonner.
Leur retour, tu en souriais d'avance.
Tu étais parvenu à te créer un petit monde au sein du monde. Une forteresse. C'était cela, ta véritable victoire sur la vie. Personne ne pouvait te prendre ça.
Comment se peut-il, alors, qu'ils ne soient jamais revenus ?”
Fabien Marechal, Plus personne pour aujourd'hui
“Dans la maison, le téléphone sonne dans le vide. Toutes les cinq minutes, ça recommence. On voudrait prendre racine qu’il se trouverait toujours un emmerdeur pour vous scier.”
Fabien Marechal, Dernier avis avant démolition
“Un homme, ça fait semblant de ne pas avoir marché dedans tant qu'il n'en sent pas l'odeur.”
Fabien Marechal, Protection rapprochée
“Si le monde est fou, c'est bien que nous le sommes tous un peu.”
Fabien Marechal, Nouvelles à ne pas y croire
“Nul n’est obligé d’être heureux. Si le bonheur devenait un impératif légal, tous les tribunaux du monde ne suffiraient pas à condamner les délinquants.”
Fabien Marechal, Dernier avis avant démolition
“Paulin est un costaud à la barbe entortillée dont la conversation achoppe rapidement sur les monosyllabes. Cinq jours par semaine, il est photographe numérique à Paris : il joue des épaules lors de shootings de stars ou de conférences de presse ministérielles, et loge dans un hôtel pouilleux qui finira de passe. Le vendredi soir, il monte dans une longue Citroën CX mangée par la rouille pour rejoindre l’arrière-campagne où il se retranche chaque week-end.
Trois cents bornes plus tard, des lapins font rebondir leur queue blanche dans le faisceau des phares. Des ornières longent un bosquet de pommiers jusqu’à une masure paysanne en pierre volcanique. Paulin pousse la porte en bois percée d’une chatière. Des poutres de deux empans traversent la pièce basse, et on cuirait tout un cochon de lait dans la cheminée. Quand l’orage fouette le toit d’ardoise, ployant la cime des arbres, la maison évoque le refuge d’un gardien de phare à jamais éteint.
Le samedi et le dimanche, après le déjeuner, Paulin remonte son pré jusqu’aux pommiers. Il emporte le minimum : un vieux reflex Nikon, deux pellicules 100 et 200 iso, un objectif 50 mm, un 300 mm, et deux cannettes de bière.
Son chat gris grimpe à un arbre et se couche sur une branche basse. Paulin s’allonge sur le dos, ferme l’œil gauche, colle le droit au viseur, pointe l’objectif vers le ciel et s’adonne en argentique à la pêche aux nuages. Pour lui les cumulus dessinent des hommes du palais et de la rue, des animaux ordinaires, légendaires ou disparus. S’il fait chaud, Paulin rampe sous le bosquet. Parfois il sent un vaisseau battre dans la paupière de son œil clos, puis celui du viseur se ferme à son tour et, petit à petit, l’objectif de l’appareil rejoint l’oseille sauvage et les coquelicots. (« Le Monographe »)”
Fabien Marechal, Dernier avis avant démolition

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L'Attendeur (de Première classe) L'Attendeur
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