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“Vous auriez moult petits-enfants
Qui vous appelleraient « Pépé »
Vous diriez des contes d'antan…
Avec des dragons et des fées…
[Cîți ai avea azi dumneata
Nepoți, să-ți zică:„Moșu...„
Le-ai spune spuză de povești…
Cu Împăratul Roșu...]
(extrait de Bătrânii, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii
Qui vous appelleraient « Pépé »
Vous diriez des contes d'antan…
Avec des dragons et des fées…
[Cîți ai avea azi dumneata
Nepoți, să-ți zică:„Moșu...„
Le-ai spune spuză de povești…
Cu Împăratul Roșu...]
(extrait de Bătrânii, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii
“Mes désirs
Vaines cohortes
Mes désirs
Sont feuilles mortes…
Par le sentier feuilles écrasées, feuilles mortes.
Je cherche en vain
Mes rêves égarés,
Collier brillant au loin,
De perles orné…
Collier merveilleux et perdu, de perles orné.
Tout ce que la nuit a tissé
Se dissipe à l'aube éphémère,
Ma chance s'en est allée…
Plus ne la pleure, mère…
Devant l'icône de la Vierge, plus ne la pleure, mère.
(Cântec V, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii
Vaines cohortes
Mes désirs
Sont feuilles mortes…
Par le sentier feuilles écrasées, feuilles mortes.
Je cherche en vain
Mes rêves égarés,
Collier brillant au loin,
De perles orné…
Collier merveilleux et perdu, de perles orné.
Tout ce que la nuit a tissé
Se dissipe à l'aube éphémère,
Ma chance s'en est allée…
Plus ne la pleure, mère…
Devant l'icône de la Vierge, plus ne la pleure, mère.
(Cântec V, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii
“Sans patrie
Je suis un homme sans patrie,
Un grain de feu que le vent porte,
Un esclave seul échappé aux fers,
Le plus misérable du monde.
Je suis un mage de la foi nouvelle,
Un pauvre fou aveuglé par un astre,
Qui erre longtemps pour vous apporter
Les contes de son pays.
Je suis la dernière
Des larmes versées depuis mille ans ;
Je suis le rêve qui ressuscite
À l'âtre des orphelins.
Je suis le reproche vagabond
Des parages sans voix
Et d'un monde qui meurt.
Je suis l'ultime cri.
Je suis le soupir qui pleure
Là-bas dans mon village sur la colline.
Je suis le cri trempé dans le sang
De veuves de Transylvanie.
Je suis le messager de l'amour et de la haine,
Quelqu'un qui rêve de victoires,
Et je porte dans la bouche les malédictions
Héritées de mes aïeux.
Je me suis détaché des tombes
Et des cryptes humides et froides
Où les souvenirs veillent
Sur un rêve éternel.
Et avec ce frisson qui tue
Ceux qui ont foi en leurs frères,
J'ai pleuré devant chaque porte
La douleur des morts oubliés.
Je sens aujourd'hui la nuit descendre
Sur mon matin révolu,
Mon chant s'envelopper
Dans le linceul d'un éternel silence…
Éclaboussé de rires et de fange,
Je porte mon fardeau parmi vous ;
Car malheur à qui, perdu son pays,
Doit le mendier de vous...
(traduit du roumain par Alain Bosquet)”
―
Je suis un homme sans patrie,
Un grain de feu que le vent porte,
Un esclave seul échappé aux fers,
Le plus misérable du monde.
Je suis un mage de la foi nouvelle,
Un pauvre fou aveuglé par un astre,
Qui erre longtemps pour vous apporter
Les contes de son pays.
Je suis la dernière
Des larmes versées depuis mille ans ;
Je suis le rêve qui ressuscite
À l'âtre des orphelins.
Je suis le reproche vagabond
Des parages sans voix
Et d'un monde qui meurt.
Je suis l'ultime cri.
Je suis le soupir qui pleure
Là-bas dans mon village sur la colline.
Je suis le cri trempé dans le sang
De veuves de Transylvanie.
Je suis le messager de l'amour et de la haine,
Quelqu'un qui rêve de victoires,
Et je porte dans la bouche les malédictions
Héritées de mes aïeux.
Je me suis détaché des tombes
Et des cryptes humides et froides
Où les souvenirs veillent
Sur un rêve éternel.
Et avec ce frisson qui tue
Ceux qui ont foi en leurs frères,
J'ai pleuré devant chaque porte
La douleur des morts oubliés.
Je sens aujourd'hui la nuit descendre
Sur mon matin révolu,
Mon chant s'envelopper
Dans le linceul d'un éternel silence…
Éclaboussé de rires et de fange,
Je porte mon fardeau parmi vous ;
Car malheur à qui, perdu son pays,
Doit le mendier de vous...
(traduit du roumain par Alain Bosquet)”
―
“Il y a chez nous de verts sapins,
Des champs soyeux, des papillons ;
Il y a chez nous tant de tristesse,
Tant de peine, dans nos maisons.
Les rossignols viennent de loin,
Ils aiment nos chants et nos fleurs ;
Chez nous on chante la doïna,
Et on verse beaucoup de pleurs...
[La noi sunt codri verzi de brad
Și cîmpuri de mătasă;
La noi atîția fluturi sunt,
Ș-atîta jale-n casă.
Privighetori din alte țări
Vin doina să ne-asculte;
La noi sunt cîntece și flori
Și lacrimi multe, multe...]
(Noi, en français par Olga Gălățanu)”
― Poezii
Des champs soyeux, des papillons ;
Il y a chez nous tant de tristesse,
Tant de peine, dans nos maisons.
Les rossignols viennent de loin,
Ils aiment nos chants et nos fleurs ;
Chez nous on chante la doïna,
Et on verse beaucoup de pleurs...
[La noi sunt codri verzi de brad
Și cîmpuri de mătasă;
La noi atîția fluturi sunt,
Ș-atîta jale-n casă.
Privighetori din alte țări
Vin doina să ne-asculte;
La noi sunt cîntece și flori
Și lacrimi multe, multe...]
(Noi, en français par Olga Gălățanu)”
― Poezii
“Prière
Les yeux hagards, vagabond, errant,
Las d'avoir tant marché, ô Seigneur,
Je m'écroule sans forces devant
L'éclat insigne de ta splendeur.
Des abîmes s'ouvrent devant moi
Et la nuit s'étend jusqu'aux lointains,
À genoux je me tourne vers toi :
Ô, Très haut, montre-moi le chemin !
En ma poitrine où les désirs errent,
Je sens les tentations creuser
Comme pour troubler la source claire
Où mon âme s'en vient s'abreuver.
Ô, veuille m'arracher à leur monde
M'aider pour que point je ne m'égare,
Vers les déshérités à la ronde
À jamais dirige mes regards.
Dévoile à mon esprit le secret,
La loi des charmes de la nature,
Et plante en mon bras à tout jamais
La haine et l'amour, afin qu'ils durent.
Donne-moi le chant et la lumière
Les voix de la nature enivrée
D'amour, donne les rayons solaires
À mes paupières exténuées.
Et chasse mes tourments, ô, Seigneur,
À tout jamais brise leurs clameurs
Et apprends-moi à verser des pleurs
Pour ce que souffrent tant d'autres cœurs.
Non, ce n'est point mon destin marqué,
Par les Parques, par leur cruauté
Mais un vaste monde torturé
Qui dans les larmes devra pleurer.
Donne-moi la douleur, les tourments
Des vœux que nul n'a pu satisfaire
Donne-moi l'orage où l'on entend
Hurler, gémir des jougs séculaires.
Depuis longtemps les déshérités
Ployés sous le faix geignent dans l'ombre…
Fais descendre en mon cœur assoiffé
Leurs douleurs terrifiantes, sans nombre.
Sème en mon cœur l'orage espéré,
Que je sente qu'il gonfle et déborde
Et l'amertume se déverser
Toute sur mes frémissantes cordes ;
Et comment, sous sa voûte embrasée,
Émaillée d'éclairs bleus en rumeur
Sa voix d'airain prend son envolée :
Le chant de nos profondes douleurs.
(Rugăciune, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii
Les yeux hagards, vagabond, errant,
Las d'avoir tant marché, ô Seigneur,
Je m'écroule sans forces devant
L'éclat insigne de ta splendeur.
Des abîmes s'ouvrent devant moi
Et la nuit s'étend jusqu'aux lointains,
À genoux je me tourne vers toi :
Ô, Très haut, montre-moi le chemin !
En ma poitrine où les désirs errent,
Je sens les tentations creuser
Comme pour troubler la source claire
Où mon âme s'en vient s'abreuver.
Ô, veuille m'arracher à leur monde
M'aider pour que point je ne m'égare,
Vers les déshérités à la ronde
À jamais dirige mes regards.
Dévoile à mon esprit le secret,
La loi des charmes de la nature,
Et plante en mon bras à tout jamais
La haine et l'amour, afin qu'ils durent.
Donne-moi le chant et la lumière
Les voix de la nature enivrée
D'amour, donne les rayons solaires
À mes paupières exténuées.
Et chasse mes tourments, ô, Seigneur,
À tout jamais brise leurs clameurs
Et apprends-moi à verser des pleurs
Pour ce que souffrent tant d'autres cœurs.
Non, ce n'est point mon destin marqué,
Par les Parques, par leur cruauté
Mais un vaste monde torturé
Qui dans les larmes devra pleurer.
Donne-moi la douleur, les tourments
Des vœux que nul n'a pu satisfaire
Donne-moi l'orage où l'on entend
Hurler, gémir des jougs séculaires.
Depuis longtemps les déshérités
Ployés sous le faix geignent dans l'ombre…
Fais descendre en mon cœur assoiffé
Leurs douleurs terrifiantes, sans nombre.
Sème en mon cœur l'orage espéré,
Que je sente qu'il gonfle et déborde
Et l'amertume se déverser
Toute sur mes frémissantes cordes ;
Et comment, sous sa voûte embrasée,
Émaillée d'éclairs bleus en rumeur
Sa voix d'airain prend son envolée :
Le chant de nos profondes douleurs.
(Rugăciune, en français par Aurel George Boeșteanu)”
― Poezii




