Kigaimo
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Men often think they deserve a sticker for treating women like people.
“À moitié nu, il ouvrit une croisée, reçut une bouffée de fournaise en pleine face ; la salle à manger, où il se réfugia, était ardente, et l’air raréfié bouillait.”
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“« Et à quoi cela mènerait-il ? Admettons que je le provoque. » Ici il se représenta vivement la nuit qu’il passerait après la provocation, le pistolet dirigé sur lui, et il frissonnait à l’idée que jamais il ne pourrait rien supporter de pareil. « Admettons que je le provoque, que j’apprenne à tirer, que je sois là devant lui, que je presse la détente, continua-t-il en fermant les yeux, que je l’aie tué ! » Et il secoua la tête pour chasser cette pensée absurde. « Quelle logique y aurait-il à tuer un homme pour
rétablir mes relations avec une femme coupable et son fils ? La question sera-t-elle résolue ? Et si, ce qui est beaucoup plus vraisemblable, le blessé ou le tué, c’est moi ? moi qui n’ai rien à me reprocher et qui deviendrais la victime ? Ne serait-ce pas plus illogique encore ? (...) »”
― Anna Karanina
rétablir mes relations avec une femme coupable et son fils ? La question sera-t-elle résolue ? Et si, ce qui est beaucoup plus vraisemblable, le blessé ou le tué, c’est moi ? moi qui n’ai rien à me reprocher et qui deviendrais la victime ? Ne serait-ce pas plus illogique encore ? (...) »”
― Anna Karanina
“Au reste, l’artifice paraissait à des Esseintes la marque distinctive du génie de l’homme.
Comme il le disait, la nature a fait son temps ; elle a définitivement lassé, par la dégoûtante uniformité de ses paysages et de ses ciels, l’attentive patience des raffinés. Au fond, quelle platitude de spécialiste confinée dans sa partie, quelle petitesse de boutiquière tenant tel article à l’exclusion de tout autre, quel monotone magasin de prairies et d’arbres, quelle banale agence de montagnes et de mers !
Il n’est, d’ailleurs, aucune de ses inventions réputée si subtile ou si grandiose que le génie humain ne puisse créer ; aucune forêt de Fontainebleau, aucun clair de lune que des décors inondés de jets électriques ne produisent ; aucune cascade que l’hydraulique n’imite à s’y méprendre ; aucun roc que le carton-pâte ne s’assimile ; aucune fleur que de spécieux taffetas et de délicats papiers peints n’égalent !
À n’en pas douter, cette sempiternelle radoteuse a maintenant usé la débonnaire admiration des vrais artistes, et le moment est venu où il s’agit de la remplacer, autant que faire se pourra, par l’artifice.
Et puis, à bien discerner celle de ses œuvres considérée comme la plus exquise, celle de ses créations dont la beauté est, de l’avis de tous, la plus originale et la plus parfaite : la femme ; est-ce que l’homme n’a pas, de son côté, fabriqué, à lui tout seul, un être animé et factice qui la vaut amplement, au point de vue de la beauté plastique ? est-ce qu’il existe, ici-bas, un être conçu dans les joies d’une fornication et sorti des douleurs d’une matrice dont le modèle, dont le type soit plus éblouissant, plus splendide que celui de ces deux locomotives adoptées sur la ligne du chemin de fer du Nord ?
L’une, la Crampton, une adorable blonde, à la voix aiguë, à la grande taille frêle, emprisonnée dans un étincelant corset de cuivre, au souple et nerveux allongement de chatte, une blonde pimpante et dorée, dont l’extraordinaire grâce épouvante lorsque, raidissant ses muscles d’acier, activant la sueur de ses flancs tièdes, elle met en branle l’immense rosace de sa fine roue et s’élance toute vivante, en tête des rapides et des marées !
L’autre, l’Engerth, une monumentale et sombre brune aux cris sourds et rauques, aux reins trapus, étranglés dans une cuirasse en fonte, une monstrueuse bête, à la crinière échevelée de fumée noire, aux six roues basses et accouplées ; quelle écrasante puissance lorsque, faisant trembler la terre, elle remorque pesamment, lentement, la lourde queue de ses marchandises !
Il n’est certainement pas, parmi les frêles beautés blondes et les majestueuses beautés brunes, de pareils types de sveltesse délicate et de terrifiante force ; à coup sûr, on peut le dire : l’homme a fait, dans son genre, aussi bien que le Dieu auquel il croit.”
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Comme il le disait, la nature a fait son temps ; elle a définitivement lassé, par la dégoûtante uniformité de ses paysages et de ses ciels, l’attentive patience des raffinés. Au fond, quelle platitude de spécialiste confinée dans sa partie, quelle petitesse de boutiquière tenant tel article à l’exclusion de tout autre, quel monotone magasin de prairies et d’arbres, quelle banale agence de montagnes et de mers !
Il n’est, d’ailleurs, aucune de ses inventions réputée si subtile ou si grandiose que le génie humain ne puisse créer ; aucune forêt de Fontainebleau, aucun clair de lune que des décors inondés de jets électriques ne produisent ; aucune cascade que l’hydraulique n’imite à s’y méprendre ; aucun roc que le carton-pâte ne s’assimile ; aucune fleur que de spécieux taffetas et de délicats papiers peints n’égalent !
À n’en pas douter, cette sempiternelle radoteuse a maintenant usé la débonnaire admiration des vrais artistes, et le moment est venu où il s’agit de la remplacer, autant que faire se pourra, par l’artifice.
Et puis, à bien discerner celle de ses œuvres considérée comme la plus exquise, celle de ses créations dont la beauté est, de l’avis de tous, la plus originale et la plus parfaite : la femme ; est-ce que l’homme n’a pas, de son côté, fabriqué, à lui tout seul, un être animé et factice qui la vaut amplement, au point de vue de la beauté plastique ? est-ce qu’il existe, ici-bas, un être conçu dans les joies d’une fornication et sorti des douleurs d’une matrice dont le modèle, dont le type soit plus éblouissant, plus splendide que celui de ces deux locomotives adoptées sur la ligne du chemin de fer du Nord ?
L’une, la Crampton, une adorable blonde, à la voix aiguë, à la grande taille frêle, emprisonnée dans un étincelant corset de cuivre, au souple et nerveux allongement de chatte, une blonde pimpante et dorée, dont l’extraordinaire grâce épouvante lorsque, raidissant ses muscles d’acier, activant la sueur de ses flancs tièdes, elle met en branle l’immense rosace de sa fine roue et s’élance toute vivante, en tête des rapides et des marées !
L’autre, l’Engerth, une monumentale et sombre brune aux cris sourds et rauques, aux reins trapus, étranglés dans une cuirasse en fonte, une monstrueuse bête, à la crinière échevelée de fumée noire, aux six roues basses et accouplées ; quelle écrasante puissance lorsque, faisant trembler la terre, elle remorque pesamment, lentement, la lourde queue de ses marchandises !
Il n’est certainement pas, parmi les frêles beautés blondes et les majestueuses beautés brunes, de pareils types de sveltesse délicate et de terrifiante force ; à coup sûr, on peut le dire : l’homme a fait, dans son genre, aussi bien que le Dieu auquel il croit.”
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“Enfoncé dans un vaste fauteuil à oreillettes, les pieds sur les poires en vermeil des chenets, les pantoufles rôties par les bûches qui dardaient, en crépitant, comme cinglées par le souffle furieux d’un chalumeau, de vives flammes, des Esseintes posa le vieil in-quarto qu’il lisait, sur une table, s’étira, alluma une cigarette, puis il se prit à rêver délicieusement, lancé à toutes brides sur une piste de souvenirs effacée depuis des mois et subitement retracée par le rappel d’un nom qui s’éveillait, sans motifs du reste, dans sa mémoire”
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“Listen, son… when I was your age, I had to face truths that seemed to break the world. That’s what happens when you come into contact with people who aren’t quite like you. You learn over time that the world isn’t broken. It’s just… got more pieces to it than you thought. They all fit together, just maybe not the way you pictured when you were young.”
― The Sword of Kaigen
― The Sword of Kaigen
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