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Le tour de la France par deux enfants d'aujourd'hui (Equateurs Littérature) (French Edition) by
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P.E.
is on page 292 of 317
« Tout fout le camp », disaient les uns. « C'était mieux avant », répondaient les autres. Même avec ça, personne n'était d'accord. Mais ce pays râleur tenait. La marge des périphéries, des banlieusards, des ruraux, la marge qui s'infiltrait jusqu'aux centres-villes des préfectures, elle tenait, ouais. On l'avait vue de nos yeux.'
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— Dec 17, 2019 08:32AM
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P.E.
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Que garderions-nous du territoire ? Notre voyage était-il un dernier inventaire avant liquidation ? Le tour d'une France dézonée, à l'agonie, foutue ?
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— Dec 17, 2019 08:31AM
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P.E.
is on page 284 of 317
'La fin de notre tour de France approchait, et je me rendais compte que nous avions traversé une France découpée en deux mondes qui ne se rencontraient jamais : celui des jeunes, celui des vieux. Ils avaient leurs horaires, leurs cafés, leurs canaux d'information et leurs préoccupations. Mais hors des familles, ils ne se confondaient pas. Au stade, j'avais assisté pour la première fois au mélange.'
— Dec 17, 2019 07:29AM
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P.E.
is on page 283 of 317
'Mon père était « gueule noire » comme l'étaient ses parents.
Ma mère avait les cheveux blancs.
Ils étaient de la fosse, comme on est d'un pays.
Grâce à eux je sais qui je suis...
Nous étions entourés de fils et de petits-fils de mineurs. Ici, le football et la mémoire des mines étaient liés pour toujours.'
— Dec 17, 2019 06:04AM
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Ma mère avait les cheveux blancs.
Ils étaient de la fosse, comme on est d'un pays.
Grâce à eux je sais qui je suis...
Nous étions entourés de fils et de petits-fils de mineurs. Ici, le football et la mémoire des mines étaient liés pour toujours.'
P.E.
is on page 277 of 317
En feuilletant le livre d'Augustine Fouillée, je n'avais pas trouvé la poindre trace du bassin minier. [...] Augustine Fouillée parlait seulement des mines de fer et de houille, en Haute-Saône et à Saint-Étienne. [...] Je trouvais qu'elle y allait un peu fort. Aux gosses, elle donnait une vision bien romantique de cette vie de forçat. [...] L'enfer sous terre était donc passé sous silence en 1877.
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— Dec 17, 2019 05:19AM
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P.E.
is on page 276 of 317
Dans Germinal, le roman qui avait traumatisé des générations de collégiens, Zola s'était inspiré de Basly pour créer le personnage d'Étienne Lantier. Émile Basly avait été le leader de la grève des mines d'Anzin, en 1884. On doit à cette guerre d'usure la création de la loi Waldeck-Rousseau qui acta la création des syndicats professionnels.
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— Dec 17, 2019 05:14AM
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P.E.
is on page 276 of 317
« On se retrouve boulevard Basly, à l'angle de la rue François-Huleux. » C'était plus simple de préciser : « Rendez-vous devant la Caisse d'Épargne. » Pourtant, la grand-rue de Lens portait le nom d'un syndicaliste illustre, surnommé le « Mineur indomptable ». [...]
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— Dec 17, 2019 05:10AM
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P.E.
is on page 273 of 317
À la différence du théâtre de moulures et d'hermine des Assises, le « flag » s'affranchissait du décorum. On délibérait sans pompe, sans jurés ni témoins, à la va-comme-je-te-condamne. Une justice qui claquait comme le maillet d'un commissaire-priseur. Six mois ferme, qui dit mieux ? [...]
Toutefois, cette procédure nécessitait le consentement du prévenu.
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— Dec 17, 2019 04:55AM
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Toutefois, cette procédure nécessitait le consentement du prévenu.
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P.E.
is on page 248 of 317
Les procédures de comparution immédiate avaient ceci de particulier qu'on y jugeait sans perdre de temps. Quinze minutes d'instruction suffisaient quelquefois pour vous mettre en cage. Cette course à la vérité se voulait le moyen de désengorger les tribunaux.
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— Dec 17, 2019 04:53AM
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P.E.
is on page 248 of 317
Les magistrats du parquet leur offraient le coupe-file, le flag, qu'on appelait aujourd'hui la « comparution immédiate ». Prostrés sur des bancs de bois, comme ds cancres chez le proviseur, ils attendaient en brochette leur jugement. [...]
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— Dec 17, 2019 04:52AM
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P.E.
is on page 248 of 317
'« On peut voir ? » j'ai demandé. « Affirmatif », ont-ils répondu. Et voilà comme on s'est retrouvé, sans préméditation aucune, encabanés au tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.'
Le même spectacle s'y répétait inlassablement. De pauvres types, dealers, camés, voleurs, barboteurs, crocheteurs, cogneurs, coffrés la veille ou l'avant-veille, défilaient menottés pour ramasser leur punition.
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— Dec 17, 2019 04:49AM
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Le même spectacle s'y répétait inlassablement. De pauvres types, dealers, camés, voleurs, barboteurs, crocheteurs, cogneurs, coffrés la veille ou l'avant-veille, défilaient menottés pour ramasser leur punition.
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P.E.
is on page 248 of 317
En quelques jours, l'île était siphonnée de ses pêcheurs, rendue aux femmes et aux enfants. À Londres, de Gaulle relevant ses troupes s'étonna que le quart de son armée vienne de Sein. Il en avait conclu que l'île était « le quart de la France ». Un septième de ce quart ne revint pas, vingt braves qui ne surent jamais qu'en leur nom l'île tout entière était faite Compagnon de la Libération.'
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— Dec 17, 2019 04:02AM
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P.E.
is on page 248 of 317
'Pierre recouvrait ses esprits. En remontant le quai des Français-Libres, nous sommes passés devant l'ancien hôtel de l'Océan. Ici, par un matin de juin 40, les Sénans avaient entendu l'appel du Général. L'un puis l'autre s'étaient portés volontaires et bientôt tous les hommes de l'île à leur suite. Ils étaient cent vingt-huit, dont le plus jeune n'avait pas quinze ans. [...]
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— Dec 17, 2019 03:59AM
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P.E.
is on page 237 of 317
C'est à la pointe du Raz que la Sodome bretonne, la ville légendaire d'Ys racontée par Guy de Maupassant et Anatole le Braz, aurait été engloutie. Grall écrivait encore :
« Chacun porte dans sa tête une ville d'Ys pleine de cris et de rumeurs. Et si voulez pas, messieurs, que la mer reste à la mer, attendez-vous à récolter la tempête ... »
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— Dec 17, 2019 03:42AM
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« Chacun porte dans sa tête une ville d'Ys pleine de cris et de rumeurs. Et si voulez pas, messieurs, que la mer reste à la mer, attendez-vous à récolter la tempête ... »
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P.E.
is on page 237 of 317
« Les ingénieurs de l'EDF ne croient pas aux légendes. Ils ont choisi un lieu sombrement épique pour bétonner leur réacteur. Et ce, tout près de la baie des Trépassés, face au site le plus grandiose et le plus inquiétant qui soit car il cache sous ses vagues les décombres de la ville d'Ys ! »
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— Dec 17, 2019 03:40AM
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[2]
P.E.
is on page 237 of 317
'Les écrivains de Bretagne s'étaient aussi levés contre le projet de la centrale. Depuis sa chaumière de Bossulan, Xavier Grall avait réveillé les mythes celtiques pour dénoncer le « libéralisme sans imagination ». Dans Les Vents m'ont dit, la chronique qu'il envoyait à La Vie, il avait écrit en février 1980 :
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— Dec 17, 2019 03:38AM
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P.E.
is on page 237 of 317
À la fin des années 70, il avait été ainsi prévu d'y bâtir une centrale nucléaire de 5200 mégawatts. [...]
Et l'affaire restait vive dans les mémoires. La mobilisation de la population locale avait fait capoter le projet mené par l'EDF et le Président Giscard. Au printemps 1980, des manifestations avaient réuni jusqu'à cent mille personnes dans ce bout du monde.'
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— Dec 17, 2019 03:31AM
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Et l'affaire restait vive dans les mémoires. La mobilisation de la population locale avait fait capoter le projet mené par l'EDF et le Président Giscard. Au printemps 1980, des manifestations avaient réuni jusqu'à cent mille personnes dans ce bout du monde.'
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P.E.
is on page 237 of 317
'À peine arrivés au Finistère, on se faisait déjà remarquer. Mais notre curiosité avait un sens, à l'heure où la France vivait de nouvelles luttes écologiques et libertaires. À Notre-Dame-des-Landes, à Bure, Sivens, Roybon, Kolbsheim... Les projets d'aéroport, d'autoroute ou de centrale hydraulique créaient les dissidences. Or, pour beaucoup, Plogoff était un modèle de contestation réussie.
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— Dec 17, 2019 03:28AM
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P.E.
is on page 229 of 317
Pour le reste, il s'agissait d'une architecture de type « Wehrmacht années 40 » : 245 mètres de long, 162 mètres de large, 19 mètres de haut et une dalle de 9,20 mètres d'épaisseur pour couvrir les onze bassins. En bref, 600 000 mètres cubes de béton avaient été nécessaires pour bâtir le blockhaus. L'obsolescence programmée à l'époque, on s'en moquait bien.'
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— Dec 16, 2019 04:16PM
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P.E.
is on page 229 of 317
[À Bordeaux]
'Sur Internet, j'ai fait mes recherches. La base sous-marine d'abord. Les travaux avaient commencé en 1941 et s'étaient achevés en 1944. Six mille travailleurs avaient bâti le bunker. Des prisonniers, parmi lesquels des républicains espagnols, traités comme des veaux. Certains y étaient morts.
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— Dec 16, 2019 04:13PM
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'Sur Internet, j'ai fait mes recherches. La base sous-marine d'abord. Les travaux avaient commencé en 1941 et s'étaient achevés en 1944. Six mille travailleurs avaient bâti le bunker. Des prisonniers, parmi lesquels des républicains espagnols, traités comme des veaux. Certains y étaient morts.
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P.E.
is on page 227 of 317
'Philibert avait encore crevé. Une fois, deux fois. On réparait inlassablement sa chambre à air. On la barbouillait de colle qui ne colle pas. Les rustines glissaient, on en avait plein les doigts. Et son vélo faisait un bruit de sous-marin.'
— Dec 16, 2019 04:03PM
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P.E.
is on page 202 of 317
Pour pallier la baisse de fréquentation, l'association qui les gérait avait même levé la limite d'âge. On pouvait traîner ses 85 ans en auberge de jeunesse'
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— Dec 16, 2019 02:21PM
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