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P.E.
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'Les larges prairies semblaient farouches, avec leurs grands arbres isolés, leurs rideaux de peupliers qui les tachaient d’ombre. À droite et à gauche, les forêts étaient comme les murailles d’un cirque qui enfermaient les combattants, tandis que les sources, les fontaines et les eaux courantes prenaient des bruits de sanglots, dans la panique de la campagne.'
— Oct 14, 2025 10:39AM
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P.E.
is on page 230 of 239
'Mais au fond de l’enthousiasme du renoncement, pour calmer les révoltes fatales de la chair, ne s’était-il pas toujours promis que ces bonheurs lui seraient rendus au centuple dans un monde supérieur. Même en plein exercice de son divin ministère [...], disant sa messe, consacrant l’hostie, donnant l’absolution, il n’avait pu s’empêcher de croire que ces voluptés, il les retrouverait un jour spiritualisées [...].'
— Oct 23, 2025 02:42AM
P.E.
is on page 221 of 239
'Pas d’autre danger, en somme, que celui des maraudeurs isolés, traînards, déserteurs ou paysans avides ! Elle avait entendu parler de cette écume malfaisante que deux armées en campagne soulèvent toujours à leur suite ; de ces corbeaux humains qui, le lendemain d’une affaire, s’abattent sur le champ de bataille pour détrousser les cadavres, qui achèvent les blessés afin de les fouiller plus à l’aise.'
— Oct 23, 2025 02:18AM
P.E.
is on page 212 of 239
'Le dos appuyé à la borne, il écouta. Plus rien. Pas un bruit humain ; pas même un aboiement lointain de chien, ni un cri de chouette ; à se croire au fond d’un désert, et d’un désert ne contenant pas une bête vivante ! Il appliqua l’oreille contre le sol. Alors, tout là-bas, quelque part au fond du brouillard, un très lointain grondement. Le canon tonnait encore.'
— Oct 23, 2025 02:02AM
P.E.
is on page 208 of 239
'La ville appartenait aux soldats ; on avait déserté les postes, abandonné les guérites, ouvert la prison. Chassés par les sinistres fumisteries de la garnison en goguette, les habitants regagnaient leurs lits, se demandant : Comment tout cela va-t-il finir ? De rares coups de fusil éclataient encore, au hasard des fonds de giberne.'
— Oct 22, 2025 02:16AM
P.E.
is on page 201 of 239
Les artilleurs venaient d’apprendre l’assassinat de Joliot, et ils accouraient à leur tour.[...]Surpris par une acclamation rude, les fantassins ne tardèrent pas à se retourner; le renfort débouchait sur la place. Une salve de mousquetons ébranla l’air, continuée par le ronflement des chassepots ; mais celle-ci fut tirée pour le plaisir, histoire de se serrer la main entre uniformes, de se réconcilier militairement.'
— Oct 21, 2025 04:03AM
P.E.
is on page 159 of 239
'Assurément, comme femme, c’était une pas grand-chose, on en tombait d’accord, oui, mais aussi, elle avait un cœur d’or. Cela était également indiscutable. Puis elle rentrait, et ces mêmes tendresses, elle les prodiguait aux consommateurs bavarois, saxons ou poméraniens, commercialement.'
— Oct 21, 2025 02:21AM
P.E.
is on page 157 of 239
'La propriétaire, profitant de l’occasion, et tirant un lucratif parti des malheurs de ses compatriotes, lui avait loué ce campement un prix exagéré : 30 francs par jour [...]. Et la bonne dame, sanglée dans son corset, éplorée sous son bonnet à larges rubans roses, avec des larmoiements d’usurier et des clignements d’yeux d’entremetteuse, lui avait fait remarquer qu’elle consentait à des concessions inouïes.'
— Oct 21, 2025 01:57AM
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'Bientôt, le général s’interrompt brusquement. Les vociférations montent plus terribles et comme portées par un vent de haine. Dix mille voix exaspérées hurlent à l’unisson, et à travers les notes braillantes de la Marseillaise, sur l’air des Lampions, un cri est répété, un cri de prière et de menace : La sortie ! la sortie !'
— Oct 15, 2025 12:34PM
P.E.
is on page 133 of 239
[La saignée - Henry Céard]
'Sur la place, des attelages roulent, des clairons sonnent, des commandements s’entre-croisent, une symphonie de cris et de piétinements s’élève hurlante, tandis que là-bas, les lointaines canonnades des forts lui font une basse formidable, continue.'
— Oct 15, 2025 12:34PM
'Sur la place, des attelages roulent, des clairons sonnent, des commandements s’entre-croisent, une symphonie de cris et de piétinements s’élève hurlante, tandis que là-bas, les lointaines canonnades des forts lui font une basse formidable, continue.'
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is on page 128 of 239
[La fin de Sac au dos de J. K. Huysmans est d'une certaine audace pour l'époque !]
'Je suis chez moi, dans des cabinets à moi ! et je me dis qu’il faut avoir vécu dans la promiscuité des hospices et des camps pour apprécier la valeur d’une cuvette d’eau, pour savourer la solitude des endroits où l’on met culotte bas, à l’aise.'
— Oct 15, 2025 11:13AM
'Je suis chez moi, dans des cabinets à moi ! et je me dis qu’il faut avoir vécu dans la promiscuité des hospices et des camps pour apprécier la valeur d’une cuvette d’eau, pour savourer la solitude des endroits où l’on met culotte bas, à l’aise.'

