P.E.’s Reviews > La Joie de vivre > Status Update
P.E.
is finished
'Pauline se taisait, cachant sous le rire tendre de son accueil la secousse intérieure qu’elle avait reçue. Tout changeait donc une fois encore, elle ne partirait pas, et elle n’aurait su dire si elle en était heureuse ou fâchée, tellement elle devenait la chose des autres.'
— Jan 29, 2026 02:01PM
4 likes · Like flag
P.E.’s Previous Updates
P.E.
is finished
'Elle berçait le petit Paul, elle riait plus haut, en racontant plaisamment que son cousin l’avait convertie au grand saint Schopenhauer, qu’elle voulait rester fille afin de travailler à la délivrance universelle ; et c’était elle, en effet, le renoncement, l’amour des autres, la bonté épandue sur l’humanité mauvaise. [...] Elle s’était dépouillée de tout, son rire éclatant sonnait le bonheur.'
— 17 hours, 39 min ago
P.E.
is finished
'Elle le soulagerait au moins, elle l’aiderait à vivre, comme elle avait eu la joie de l’aider à naître. Et, dans l’oubli d’elle-même, elle acheva de lui donner les premiers soins, elle le prit sur ses genoux, pleurant encore des larmes, où se mêlaient le regret de sa maternité et sa pitié pour la misère de tous les vivants.'
— 18 hours, 30 min ago
P.E.
is finished
[...] À la grande clarté brutale, le mystère troublant s’en était allé de la peau si délicate aux endroits secrets, [...] et il ne restait que l’humanité douloureuse, l’enfantement dans le sang et dans l’ordure, faisant craquer le ventre des mères, élargissant jusqu’à l’horreur la fente rouge, pareille au coup de hache qui ouvre le tronc et laisse couler la vie des grands arbres.'
[2/2]
— 18 hours, 44 min ago
[2/2]
P.E.
is finished
'On lui obéissait, cette nudité avait aussi disparu pour eux. Ils n’en voyaient que la misère pitoyable, ce drame d’une naissance disputée, qui tuait l’idée de l’amour
[1]
— 18 hours, 44 min ago
[1]
P.E.
is finished
'La vérité était que cette préoccupation constante de la mort lui enlevait chaque jour davantage le goût et la force de vivre. Il retombait dans son ancien « à quoi bon ? » Puisque le saut final était là, demain, aujourd’hui, dans une heure peut-être, à quoi bon se remuer, se passionner, tenir à cette chose plutôt qu’à cette autre ? Tout avortait. Son existence n’était qu’une mort lente, quotidienne [...].'
— Jan 29, 2026 02:14PM
P.E.
is finished
C’était le degré suprême dans l’amour des autres : disparaître, donner tout sans croire qu’on donne assez, aimer au point d’être joyeux d’une félicité qu’on n’a pas faite et qu’on ne partagera pas.'
[3]
— Jan 29, 2026 08:56AM
[3]
P.E.
is finished
Même elle ne retrouvait pas son ancienne volonté de suffire au bonheur des siens, ce besoin autoritaire qui lui apparaissait à cette heure comme le dernier retranchement de sa jalousie. L’orgueil de son abnégation s’en était allé, elle acceptait que les siens fussent heureux en dehors d’elle.
[2]
— Jan 29, 2026 08:55AM
[2]
P.E.
is finished
'Jamais elle ne s’était sentie si légère, si haute, si détachée. Tout finissait, elle venait de couper les liens de son égoïsme, elle n’espérait plus en rien ni en personne ; et il y avait, au fond d’elle, la volupté subtile du sacrifice.
[1]
— Jan 29, 2026 08:54AM
[1]
P.E.
is finished
'Lui, dans cette familiarité étroite, ne parlait jamais de leur mariage, soit oubli complet, soit chose trop répétée et qui allait sans dire. Elle, aussi, évitait d’en parler, certaine qu’il consentirait au premier mot. Et, cependant, un peu du désir de Lazare s’était retiré d’elle chaque jour : elle le sentait, sans comprendre que son impuissance à le sauver de l’ennui n’avait pas d’autre cause.'
— Jan 29, 2026 08:13AM
P.E.
is finished
'Ensuite, elle essaya des consolations dont on berce les bobos des enfants, elle s’efforça de lui faire un milieu aimable, d’une paix riante. Toujours, il la voyait heureuse, fraîche, sentant bon l’existence. La maison était pleine de soleil. Il n’aurait eu qu’à se laisser vivre, et il ne le pouvait, ce bonheur exaspérait davantage son effroi de l’au-delà.'
— Jan 29, 2026 07:28AM
Comments Showing 1-5 of 5 (5 new)
date
newest »
newest »
message 1:
by
Claudia
(new)
-
added it
23 hours, 24 min ago
Aïe...
reply
|
flag
Pauline aussi m'agaçe un peu à presque toujours se faire passer après tout le monde, jusqu'au sacrifice pur et simple... C'est un beau trait au fond sans doute, mais pas porté à ce point, jusqu'à se laisser "manger" comme dirait Zola ! J'aime beaucoup le cheminement intérieur chez Pauline, qui en vient à se poser toutes sortes de questions sur les motifs qui la poussent et sur les effets inattendus et parfois contraires de sa bonté !
Exact! Pourtant, elle a l'appui du médecin de famille qui est très clairvoyant. Je crois néanmoins, malgré les questions qu'elle se pose, qu'elle est entrée dans la spirale de la manipulation par son entourage (Mme Chanteau, Lazare) et qu'elle ne peut guère en sortir. On voit cela aussi dans la vraie vie.
Tout à fait ! On sent qu'elle a comme intériorisé les attentes de la maison Chanteau mais aussi de tous les habitants de Bonneville, de Louise... Au point de ne plus vraiment savoir où est sa place, c'est ce qui m'a paru exemplaire dans cet extrait... parmi tant d'autres ! Le plus difficile est de choisir quels extraits ne pas mettre à ce stade, ha ha !

