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'Qu’était-ce donc, ce monument si noir ? et cette rue, où courait quelque chose de gros ? et tout ce quartier dont elle avait peur, parce que bien sûr on s’y battait. Elle ne distinguait pas nettement ; mais, sans mentir, ça remuait, c’était très-laid, les petites filles ne devaient pas regarder. Toutes sortes de suppositions vagues, qui lui donnaient envie de pleurer, troublaient son ignorance d’enfant.

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8 hours, 30 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)

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L’inconnu de Paris, avec ses fumées, son grondement continu, sa vie puissante, soufflait jusqu’à elle, par ce temps mou de dégel, une odeur de misère, d’ordure et de crime, qui faisait tourner sa jeune tête, comme si elle s’était penchée au-dessus d’un de ces puits empestés, exhalant l’asphyxie de leur boue invisible.'

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8 hours, 30 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'— Il est joli votre goût, parlons-en !… Mais vous ne savez pas que mon magot vaut mieux que tout votre mobilier !… Un commis de nouveautés n’aurait pas voulu de ce rose-là. Vous avez donc fait le rêve de séduire votre blanchisseuse ?'
9 hours, 28 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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Mais, toujours, à la suite, les trois autres petites pièces, les pièces sales, vides et abandonnées, défilaient ; et cette vision, ces murs lépreux cachés sous les Amours joufflus, soulevaient en elle autant de colère que de dégoût.'

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19 hours, 29 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'Les deux chambres, avec leur cretonne, reparaissaient sans cesse devant ses yeux ; elle en avait emporté dans un regard les moindres détails, jusqu’à la place occupée par les sièges et aux plis des rideaux qui drapaient le lit.

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19 hours, 30 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'Dans la mer de ténèbres qui dormait devant eux, une étincelle avait lui. C’était à leurs pieds, quelque part dans l’abîme, à un endroit qu’ils n’auraient pu préciser. Et, une à une, d’autres étincelles parurent. Elles naissaient dans la nuit avec un brusque sursaut, tout d’un coup, et restaient fixes, scintillantes comme des étoiles. Il semblait que ce fût un nouveau lever d’astres, à la surface d’un lac sombre.'
23 hours, 13 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'Il était là, par tous les temps, se mettant de moitié dans ses douleurs et dans ses espérances, comme un ami qui s’imposait. Elle l’ignorait toujours, elle n’avait jamais été si loin de lui, plus insoucieuse de ses rues et de son peuple; et il emplissait sa solitude. Ces quelques pieds carrés, cette chambre de souffrance, dont elle fermait si soigneusement la porte, s’ouvrait toute grande à lui par ses deux fenêtres
23 hours, 36 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'Hélène, la face dans ses mains, ne voyait rien, n’entendait rien, se demandant avec anxiété si elle ne devait pas avouer à l’abbé Jouve la crise terrible qu’elle traversait. Il lui donnerait un conseil, il lui rendrait peut-être sa tranquillité perdue. Mais, au fond d’elle, une joie débordante montait, de son angoisse elle-même. Elle chérissait son mal, elle tremblait que le prêtre ne réussît à la guérir.'
Aug 02, 2026 08:43AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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P.E. is 43% done
'La religion lui plaisait comme une émotion de bon goût. Donner des fleurs aux églises, avoir de petites affaires avec les prêtres, gens polis, discrets et sentant bon, venir en toilette à l’église, où elle affectait d’accorder une protection mondaine au Dieu des pauvres, lui procurait des joies particulières, d’autant plus que son mari ne pratiquait pas et que ses dévotions prenaient le goût du fruit défendu.'
Aug 02, 2026 07:53AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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P.E. is 39% done
'Dire qu’elle s’était crue heureuse d’aller ainsi trente années devant elle, le cœur muet, n’ayant, pour combler le vide de son être, que son orgueil de femme honnête ! Ah ! quelle duperie, cette rigidité, ce scrupule du juste qui l’enfermaient dans les jouissances stériles des dévotes ! Non, non, c’était assez, elle voulait vivre !'
Aug 02, 2026 05:44AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'Une voix haute montait, des ondes vivantes s’élargissaient et l’enveloppaient. Les bruits, les odeurs, jusqu’à la clarté lui battaient le visage, malgré ses mains nerveusement serrées. Par moments, de brusques lueurs semblaient percer ses paupières closes ; et, dans ces lueurs, elle croyait voir les monuments, les flèches et les dômes se détacher sur le jour diffus du rêve.'
Aug 02, 2026 05:35AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


Comments Showing 1-6 of 6 (6 new)

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Claudia Ceci est le chapitre le plus poignant! Je ne sais pas dans quelle édition tu lis, mais Colette Becker, éminente spécialiste de Zola, propose de cette description de Paris une interprétation hardie, liée à l'escapade d'Hélène dans ce bouge déguisé en bonbonnière. Et encore, et toujours, la mère Fétu...


message 2: by P.E. (new) - added it

P.E. Je lis un "Livre de Poche" pioché dans une librairie d'occasion il y a quelques années de ça, dont la préface est réduite à la portion congrue. Je suis bien curieux d'en apprendre plus sur cette interprétation ?

La montée en puissance et en hardiesse de la mère Fétu est très artistement amenée, je trouve 😄 On la voit venir, l'intrigante, et les attentes ne sont clairement pas déçues !


message 3: by Claudia (last edited 7 hours, 42 min ago) (new) - rated it 5 stars

Claudia P.E. wrote: "Je lis un "Livre de Poche" pioché dans une librairie d'occasion il y a quelques années de ça, dont la préface est réduite à la portion congrue. Je suis bien curieux d'en apprendre plus sur cette in..."

Il s'agit de l'édition GF, préfacée et annotée par Colette Becker, qui mentionne une interprétation d'un certain Jean Borie, citée ici sur le blog altersexualite.com, par Lionel Labosse, qui par ailleurs fait une excellente analyse de tout le roman Une page d'amour. Je cite tel quel Lionel Labosse, que je ne connais pas plus que cela, mais dont tu pourras trouver le blog facilement, riche de nombreuses analyses de romans classiques, entre autres choses.

"Mais l’édition GF fournit dans son dossier une éluc… pardon, une analyse extraite de Zola et les mythes ou de la Nausée du salut, de Jean Borie (Seuil, 1971) : « Une Page d’amour prouve abondamment que la forme profonde de Paris est celle d’une vallée, d’une terre, fendue d’un coup d’épée, au creux de laquelle un liquide coule, s’échappe. Nous devinons alors que ce spectacle si longuement, si nostalgiquement, contemplé par la petite Jeanne (et par l’auteur tout aussi bien), c’est le corps largement étalé de sa mère, tel que son imagination puérile l’a, il y a beau temps, rêvé ». Bigre ! Et les quatre autres descriptions de Paris par les yeux de la mère, alors ?"


Claudia P.E. wrote: "Je lis un "Livre de Poche" pioché dans une librairie d'occasion il y a quelques années de ça, dont la préface est réduite à la portion congrue. Je suis bien curieux d'en apprendre plus sur cette in..."

Oui, la mère Fêtu est vraiment le fil rouge. Elle est partout, obséquieuse, faussement grenouille of the bénitier, tour à tour quémandeuse ou entremetteuse. Elle est le côté sordide, l'envers du décor.


message 5: by P.E. (new) - added it

P.E. ... Et cette enfilade de pièces maussades, rendues plus horribles encore par le boudoir criard et baveux de Malignon (!) J'ai bien ri en lisant Juliette s'en moquer !

L'interprétation vaut ce qu'elle vaut... Si on la suit jusqu'au bout, c'est son propre corps, avec tous les désirs et l'intériorité qui lui sont attachés qu'Hélène contemple elle-même dans le panorama parisien ?


Claudia P.E. wrote: "... Et cette enfilade de pièces maussades, rendues plus horribles encore par le boudoir criard et baveux de Malignon (!) J'ai bien ri en lisant Juliette s'en moquer !

L'interprétation vaut ce qu'e..."


Ton idée est pertinente. L'analyse de ce monsieur Borie n'est peut-être pas totalement une élucubration?

En fait dans ce roman, il y a une façade lisse et honorable, rue Vineuse, et ce fameux Passage des Eaux, très en pente, une voie glissante, quand les eaux de pluie et la boue se déversent. On peut ramener cela à Hélène, qui est irréprochable, mais attirée dans cette partie 4, par la transgression.


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