P.E.’s Reviews > Le Docteur Pascal > Status Update
P.E.
is on page 161 of 572
'— En tout cas, continua-t-elle, la science a fait table rase, la terre est nue, le ciel est vide, et qu’est-ce que tu veux que je devienne, même si tu innocentes la science des espoirs que j’ai conçus ?… Je ne puis pourtant pas vivre sans certitude et sans bonheur.'
— Sep 20, 2026 10:00AM
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P.E.
is on page 547 of 572
'Je sais qu'il est des esprits que l'infini tourmente, qui souffrent du mystère, et c'est à ceux-là que je m'adresse fraternellement, en leur conseillant d'occuper leur existence de quelque labeur énorme dont il serait bon même qu'ils ne vissent pas le bout. C'est le balancier qui leur permettra de marcher droit, c'est la distraction de toutes les heures, le grain jeté à l'intelligence pour qu'elle le broie [...].'
— Sep 23, 2026 04:40AM
P.E.
is on page 547 of 572
'La vie n'a pas d'autre sens, pas d'autre raison d'être, nous n'apparaissons chacun que pour donner notre somme de labeur et disparaître. On ne peut définir la vie autrement que par ce mouvement communiqué qu'elle reçoit et qu'elle lègue, et qui n'est en somme que du travail, pour la grande œuvre finale, au fond des âges.'
[Discours de Zola à l'Association générale des étudiants de Paris, 18/05/1893]
— Sep 23, 2026 04:37AM
[Discours de Zola à l'Association générale des étudiants de Paris, 18/05/1893]
P.E.
is on page 455 of 572
'Mais il se cherchait, s’épuisant, s’égarant. Enfin, quand il se fut trouvé, sa main se raffermit, il s’acheva, d’une écriture haute et brave : « Meurt, d’une maladie de cœur, le 7 novembre 1873. »'
— Sep 22, 2026 03:59PM
P.E.
is on page 430 of 572
Lui qui agonisait, parce qu’il restait seul ! Lui dont le cœur allait éclater, parce qu’il était trop plein des autres ! Plutôt la souffrance, la souffrance seule, que cet égoïsme, cette mort à ce qu’on a de vivant et d’humain en soi !'
[3/3]
— Sep 22, 2026 03:01PM
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P.E.
is on page 430 of 572
il le retrouvait toujours aussi vert, il sentait bien que, longtemps encore, il vieillirait ainsi, dur, avare, inutile et heureux. Et, cependant, il ne l’exécrait plus, il l’aurait plaint volontiers, tellement il le jugeait ridicule et misérable, de n’être pas aimé.
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— Sep 22, 2026 03:01PM
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P.E.
is on page 430 of 572
'Il lui semblait n’avoir jamais songé à cette chose, qu’un homme de soixante-dix ans était là, sans une femme, sans un enfant, sans un chien, et qu’il tirait tout son égoïste bonheur de la joie de vivre en dehors de la vie.'
— Sep 22, 2026 03:00PM
P.E.
is on page 428 of 572
'Dès lors, Pascal vécut dans cette pensée qu’il pouvait mourir d’une heure à l’autre. Et cela acheva de le grandir, de le hausser à l’oubli complet de lui-même. Il ne cessa pas de travailler, mais jamais il n’avait mieux compris combien l’effort doit trouver en soi sa récompense, l’œuvre étant toujours transitoire et restant quand même inachevée.'
— Sep 22, 2026 03:45AM
P.E.
is on page 427 of 572
'Et être de sa famille, mon Dieu ! cela finissait par lui paraître aussi bon, aussi beau que d’être d’une autre, car toutes ne se ressemblaient-elles pas, l’humanité n’était-elle pas identique partout, avec la même somme de bien et de mal ? Il en arrivait, très modeste et très doux, sous la menace de la souffrance et de la mort, à tout accepter de la vie.'
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— Sep 22, 2026 03:43AM
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P.E.
is on page 427 of 572
'Pourquoi donc, autrefois, triomphait-il, exultant d’allégresse, à l’idée de n’être pas de sa famille, de se sentir différent, sans communauté aucune ? Rien n’était moins philosophique. Les monstres seuls poussaient à l’écart.
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— Sep 22, 2026 03:42AM
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P.E.
is on page 419 of 572
'Était-ce donc une faillite définitive du travail ? Lui dont le travail avait dévoré l’existence, qui le regardait comme le moteur unique, le bienfaiteur et le consolateur, allait-il donc être forcé de conclure qu’aimer et être aimé passe tout au monde ?'
— Sep 22, 2026 03:41AM
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'— Mais c’est la vie qui te fait peur, petite fille !… Et comme tu as raison de dire que l’unique bonheur est l’effort continu ! car, désormais, le repos dans l’ignorance est impossible. Aucune halte n’est à espérer, aucune tranquillité dans l’aveuglement volontaire. Il faut marcher, marcher quand même, avec la vie qui marche toujours. Tout ce qu’on propose, les retours en arrière, les religions mortes, les religions replâtrées, aménagées selon les besoins nouveaux, sont un leurre… Connais donc la vie, aime-la, vis-la telle qu’elle doit être vécue : il n’y a pas d’autre sagesse.'


— Ah ! c’est bien cela, cria-t-il, nous en sommes bien à ce tournant de la fin du siècle, dans la fatigue, dans l’énervement de l’effroyable masse de connaissances qu’il a remuées… Et c’est l’éternel besoin de mensonge, l’éternel besoin d’illusion qui travaille l’humanité et la ramène en arrière, au charme berceur de l’inconnu… Puisqu’on ne saura jamais tout, à quoi bon savoir davantage ? Du moment que la vérité conquise ne donne pas le bonheur immédiat et certain, pourquoi ne pas se contenter de l’ignorance, cette couche obscure où l’humanité a dormi pesamment son premier âge ?… Oui ! c’est le retour offensif du mystère, c’est la réaction à cent ans d’enquête expérimentale. Et cela devait être, il faut s’attendre à des désertions, quand on ne peut contenter tous les besoins à la fois. Mais il n’y a là qu’une halte, la marche en avant continuera, hors de notre vue, dans l’infini de l’espace.'