,

Féminisme Quotes

Quotes tagged as "féminisme" Showing 1-30 of 52
Virginie Despentes
“Coup d'œil dans la vitrine d'une bijouterie, pleine d'or et de réveils. C'est entre effroi et amusement. Sa propre allure. Elle ressemble à d'autres filles qu'elle. Jamais auparavant elle n'avait cru que c'était possible, sortir comme ça et que personne ne s'exclame : « Mais qu'est-ce que c'est que cette imposture ? » Cette allure qu'elle a, jambes sublimées, silhouette transformée. Et personne ne se rend compte qu'elle n'est pas du tout comme ça. C'est la première fois qu'elle comprend, qu'en fait aucune fille n'est comme ça.”
Virginie Despentes, Les jolies choses

Virginie Despentes
“Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu’on n’épouse pas, avec qui on ne fait pas d’enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu’elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, toujours trop virile, me dit-on.”
Virginie Despentes, King Kong théorie

“refusez l'injonction millénaire de faire à tout prix des enfants. Elle est insupportable et réduit les femmes à un ventre. Dépossédées de tout pouvoir, elles n'ont longtemps eu droit qu'à ce destin : perpétuer l'humanité. Et malheur aux femmes stériles (qu'on ne se privait pas de répudier) ou au choix de la "nullipare" : il était incompréhensible, sinon répréhensible. La "mère" était souveraine. La littérature, les conventions sociales, la publicité, les lois en ont créé un stéréotype, que l'on met sur un piédestal, auréolé de son abnégation et de son oubli d'elle-même. On méprise la femme, mais on vénère la mère, dont l'enfant devient l'ornement.”
Gisèle Halimi, Une farouche liberté

Andrea Dworkin
“Nous avons dit non. (...) Il y a une réponse à notre non. Un fusil semi-automatique est une réponse. Il y a aussi des poignards. Ce que nous vivons n'est pas une conversation plaisante." sur la tuerie de Montréal”
Andrea Dworkin, Pouvoir et violence sexiste

“En réalité, le féminisme n'est pas une opinion. C'est une expertise qui s'appuie sur un ensemble de savoirs philosophiques, sociologiques, biologiques, des rapports chiffrés, des concepts, issus aussi bien des milieux universitaires que des milieux associatifs et militants. Le féminisme, plutôt que d'introduire un biais idéologique, permet au contraire de dévoiler les biais sexistes qui polluent notre vision du monde sans même que nous en ayons conscience.”
Titiou Lecoq, Le couple et l'argent

“J'avance l'idée que ces femmes déviantes le deviennent, d'une certaine manière, par sororité avec les générations précédentes et par solidarité avec les générations futures.”
Charlotte Debest, "Elles vont finir seules avec leurs chats": #CHILDLESSCATLADIES. Une mise au point salvatrice

Martine Delvaux
“D’où, par exemple, l’importance, comme le pointe Jackson Katz, de ne pas utiliser la voix passive qui efface la subjectivité de l’agresseur quand on parle de violence envers les femmes : ne pas dire que les femmes sont battues ; puisqu’elles sont battues par des hommes, dire que des hommes les battent. Ne pas dire que des femmes sont victimes d’agressions sexuelles ; dire que des hommes les ont agressées sexuellement. Et ainsi, faire porter aux hommes leur responsabilité.”
Martine Delvaux, Le boys club

Martine Delvaux
“À quoi ressemblerait une ville non sexiste ? demandait Dolores Hayden. À des espaces communs et coopératifs (des immeubles d’habitation construits autour de cours intérieures, ou des quartiers où il est possible de faire du covoiturage), des rues et des parcs sécuritaires, c’est-à-dire accessibles et bien éclairés, des réseaux de transport collectif (métro, autobus, vélos) aux horaires agencés et adaptés aux vies des femmes, plus à même de se déplacer plusieurs fois par jour (elles sont encore souvent responsables des tâches domestiques, des soins à donner, en plus du travail salarié, et sont plus fréquemment pigistes que leurs pairs). À Vienne, en 1993, des urbanistes ont développé le projet Frauen-Werk-Stadt (Femmes-Travail-Ville), élaborant des immeubles à logements, où on trouvait aussi des garderies, des pharmacies, des cliniques médicales. La Ville de Vienne elle-même, prenant le relais, a élargi les trottoirs, éclairé les sentiers et les ruelles, redessiné les parcs afin qu’on puisse y circuler en sécurité.”
Martine Delvaux, Le boys club

Benoîte Groult
“Alors? Le féminisme ou la mort, comme disent certaines? Il serait peut-être plus modeste et plus juste de dire : le féminisme et la vie.”
Benoîte Groult, Ainsi soit-elle

“Ces oppositions épidermiques montrent que les deux parties en présence se méconnaissent et caricaturent leur adversaire. C'est compliqué et douloureux. Par tempérament, par pragmatisme (l'union fait la force), par méfiance aussi à l'égard d'une culture politique française très marquée par la conflictualité, féminisme inclus, je n'ai pas envie de faire l'éloge de la querelle, je ne veux pas l'entretenir.
L'une des caractéristiques contemporaines est la fin du paradigme universaliste. Les recherches sur l'histoire des femmes y ont contribué, en montrant l'exclusion des femmes de l'universel, un universel qui se réduit donc à une minorité s'octroyant des droits refusés à la majorité de la population.
[...]
Vous insistez sur les "querelles" et c'est ainsi que le féminisme est approché par les médias, toujours. Cette insistance n'est-elle pas suspecte? Ne fait-elle pas le jeu des adversaires? Pour contribuer à la convergence des luttes, il faudrait peut-être aussi penser à ce qui réunit. Sur la notion d'importation, il faudrait aussi un peu réfléchir car c'est en tant que produit d'origine étrangère que le féminisme a été combattu en France dès le XIXe siècle. C'est une méthode commode pour disqualifier des idées et des pratiques que l'on veut combattre.”
Christine Bard, Mon genre d'histoire

Mohammed Dib
“Sans la mer, sans les femmes, nous serions restés définitivement des orphelins ; elles nous couvrirent du sel de leur langue et cela, heureusement, préserva maints d’entre nous ! Il faudra le proclamer un jour publiquement.”
Mohammed Dib, Qui se souvient de la mer (Minos t. 52)

“Il est un langage que tiennent les hommes et que les femmes ne devraient jamais laisser passer. Les mots ne sont pas innocents. Ils traduisent une idéologie, une mentalité, un état d'esprit. Laisser passer un mot, c'est le tolérer. Et de la tolérance à la complicité, il n'y a qu'un pas.”
Gisèle Halimi, Une farouche liberté

Hélène Cixous
“Écris, que nul ne ce retienne, que rien ne t’arrête : ni homme, ni imbécile machine capitaliste où les maisons d’édition sont les rusés et obséquieux relais des impératifs d’une économie qui fonctionne contre nous et sur notre dos ; ni toi-même.”
Hélène Cixous, Le rire de la Méduse: Regards critiques

“Je voudrais pouvoir porter plainte, mais je suis furieuse de n’avoir d’autre recours que celui que m’impose la justice. […] Je voudrais un monde où il serait possible de reconnaître que la vertu de la victime est une fiction, un confort, une arnaque, qu’on peut être prise pour cible sans être irréprochable, qu’on peut avoir menti, traîné, pesté, et joui sans porter la moindre responsabilité de ce qui nous est arrivé. Je voudrais que l’on écoute les plaintes auxquelles il manque des morceaux. Les amnésiques, les bordéliques, les timides et les névrotiques, celles qui ont peur, celles qui ont mal, ne savent plus ou ne veulent plus savoir, celles qui ne veulent pas de réparation, n’en attendent plus, celles qui parlent pour en finir et celles qui veulent juste être prises dans les bras de quelqu’un. Je voudrais que les juges se rappellent un peu, parfois, qu’on a souvent davantage envie d’un regard que d’une sanction pénale. Il ne s’agit pas de punir. Il s’agirait de me guérir.”
Capucine Delattre, Un monde plus sale que moi

“La femme est vouée à l'immoralité parce que la morale consiste pour elle à incarner une inhumaine entité : la femme forte, la mère admirable, l'honnête femme, etc.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe

“Personne n'est plus arrogant envers les femmes, plus agressif ou méprisant, qu'un homme inquiet pour sa virilité.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe

“Et c'est là le merveilleux espoir que souvent l'homme a mis dans la femme : il espère s'accomplir comme être en possédant charnellement un être, tout en se faisant confirmer dans sa liberté par une liberté docile.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe

“Aucun homme ne consentirait a être une femme, mais tous souhaitent qu'il y ait des femmes.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe

“Dans ces phrases et d'autres analogues, l'homme affirme une fois de plus avec une arrogante naïveté que sa présence en ce monde est un fait inéluctable et un droit, celle de la femme un simple accident : mais c'est un accident bienheureux.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe

Simone de Beauvoir
“La représentation du monde comme le monde lui-même est l'opération des hommes ; ils le décrivent du point de vue qui est le leur et qu'ils confondent avec la vérité.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“Peut-être le mythe de la femme s'éteindra-t-il un jour : plus les femmes s'affirment comme des être humains, plus la merveilleuse qualité de l'Autre meurt en elles.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“Mais plus générale est chez l'homme sa révolte contre sa condition charnelle ; il se considère comme un dieu déchu : sa malédiction c'est d'être tombé d'un ciel lumineux et ordonné dans les ténèbres chaotiques du ventre maternel. [...] Il se voudrait nécessaire comme une pure Idée, comme l'Un, le Tout, l'Esprit absolu ; et il se trouve enfermé dans un corps limité, dans un lieu et un temps qu'il n'a pas choisis, où il n'était pas appelé, inutile, encombrant absurde.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“L'éjaculation est promesse de mort, elle affirme l'espèce contre l'individu ; l'existence du sexe et son activité nient la singularité orgueilleuse du sujet. C'est cette contestation de l'esprit par la vie qui fait du sexe un objet de scandale.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“Dans la mer, dans la montagne, l'Autre peut s'incarner aussi parfaitement que chez la femme ; elles opposent à l'homme la même resistance passive et imprévue qui lui permet de s'accomplir ; elles sont un refus à vaincre, une proie à posséder. Si la mer et la montage sont femmes, c'est que la femme est aussi pour l'amant la mer et la montagne.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“Mais quand la femme est livrée au mâle comme son bien, ce que celui-ci réclame, c'est que chez elle la chaire soit présente dans sa pure facticité. Son corps n'est pas saisi comme le rayonnement d'une subjectivité, mais comme une chose empâtée dans son immanence ; il ne faut pas que ce corps renvoie au reste du monde, il ne doit pas être promesse d'autre chose que de lui-même : il lui faut arréter le désir.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

Simone de Beauvoir
“Voilà donc pourquoi la femme a un double et décevant visage : elle est tout ce que l'homme apelle et tout ce qu'il n'atteint pas.”
Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, I)

“Si on admet que la conscience inessentielle est elle aussi une subjectivité translucide, capable d'opérer le Cogito, on admet qu'elle est en vérité souveraine et qu'elle retourne à l'essentiel ; pour que toute réciprocité apparaisse impossible, il faut que l'Autre soit pour soi un autre, que sa subjectivité même soit affectée par l'altérité ; cette conscience qui serait aliénée en tant que conscience, dans sa pure présence immanente, serait évidemment Mystère ; elle serait Mystère en soi du fait qu'elle le serait pour soi; elle serait le Mystère absolu.”
Simone de Beauvoir, Le deuxième sexe 1

“Jusqu'au XVe siècle, les femmes sont privées d'instruction, ce qui les cantonne à des tâches domestiques. Grâce à l'imprimerie, elles ont soudain l'opportunité de s'éduquer. (...) Et de s'interroger sur le rôle qui leur est réservé dans la société. Mais aussi de critiquer les textes misogynes existants comme l'a fait Christine de Pizan.”
Caroline Cohen Ring, Histoires de sororité

“Le fait qu'une femme soit une femelle ne « réduit » pas son humanité en la transformant en un ensemble de partie du corps (contrairement à ce qui se passe, par exemple, lorsqu'on appelle les femmes des « personnes à utérus » ou des "personnes à vagin »). Il n'y a rien d'intrinsèquement « limitatif » ou « réducteur » dans le fait d'être perçue comme une femelle humaine, à moins que vous ne pensiez qu'« être femelle » constitue un état intrinsèquement limité ou diminué. Mais pensez cela, à mon avis, relève de la misogynie.”
Jane Clare Jones, Le Sexe, Le Genre et Judith Butler

Joseph Andras
“[...] c'est qu'on accuse l'ensemble des féministes d'être de mèche avec le chien, et ce n'est pas tout à fait faux car les femmes qui se battent pour voter ne comprennent souvent pas pourquoi déclarer les guerres, fabriquer les lois et violer les femmes, cela ne suffit pas à contenter les hommes, pourquoi il leur faut de surcroit démembrer les animaux qu'ils croisent; ce que nombre d'entre elles comprennent, par contre, c'est que la force mâle qui meurtrit le corps des femmes et celui des bêtes est la même, que cette force dit de la femme qu'elle est une chienne et des bêtes qu'elles sont autant de biens, que cette force décrète ce qui mérite ou non de vivre et surtout à quelle place, que cette force conquiert la viande par son fusil ou par son sexe droit - instruites de ce savoir acquis dans la blessure et l'ombre, ces femmes ouvrent grand la nuit en s'écriant: le sang ne passera pas par nous!”
Joseph Andras, Ainsi nous leur faisons la guerre

« previous 1