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Edmond Rostand
“Impossible, Monsieur ; mon sang se coagule
En pensant qu’on y peut changer une virgule.”
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Delphine de Vigan
“L'écriture doit être une recherche de vérité, sinon elle n'est rien. Si à travers l'écriture tu ne cherches pas à te connaitre, à fouiller ce qui t'habite, ce qui te constitue, à rouvrir tes blessures, à gratter, creuser avec les mains, si tu ne mets pas en question ta personne, ton origine, ton milieu, cela n'a pas de sens. Il n'y a d'écriture que l'écriture de soi. Le reste ne compte pas.”
Delphine de Vigan, D'après une histoire vraie

Edmond Rostand
“De guiche.
"Portez-les-lui."

Cyrano, tenté et un peu charmé.
"Vraiment…"

De guiche.
"Il est des plus experts.
Il vous corrigera seulement quelques vers…"

Cyrano, dont le visage s’est immédiatement rembruni.
"Impossible, Monsieur ; mon sang se coagule
En pensant qu’on y peut changer une virgule."

De guiche.
"Mais quand un vers lui plaît, en revanche, mon cher,
Il le paye très cher."

Cyrano.
"Il le paye moins cher
Que moi, lorsque j’ai fait un vers, et que je l’aime,
Je me le paye, en me le chantant à moi-même !"

De guiche.
"Vous êtes fier."

Cyrano.
"Vraiment, vous l’avez remarqué ?”
Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac

Jean Cocteau
“Il y a dans le dessin une très grande jouissance. L'écriture, c'est le dessin noué autrement. (...) Et quand je dessine, j'écris, et, peut-être, que quand j'ecris, je dessine.”
Jean Cocteau

Mélissandre L.
“-Tu sais ce que deviennent les idées après la mort justement ?
- On dit que contrairement aux corps, elles survivent, non ?
- Oui, mais ça, c'est dans le cas où elles sont adoptées par d'autres, par des vivants. On en revient à la même question, si tu as partagé une idée, si tu ne la portes plus en toi, est-ce que c'est toujours TON idée ?”
Mélissandre L., Table des Matières

“Si je n'avais pas ce cahier, je crois que je me serais lentement laissée aller au désespoir. Je ne savais pas que les mots peuvent sauver. Aujourd'hui, je le sais : il maintiennent le lien à soi. Ils permettent de ne pas s'égarer dans la nuit profonde de la folie.”
Laurence Tardieu, Puisque rien ne dure

“C'est tellement impudique, tu nous racontes tellement, je me retrouve à chaque page, mise à nu, disséquée, passée au crible, et j'ai l'impression de te découvrir, toi, certains aspects de ta personnalité dont je ne soupçonnais pas l'existence[...].”
Laurent Bettoni

“Je ne comprenais pas qu'elle prenne ce récit fictif pour notre vie ou pour la représentation que je m'en faisais. Tout était inventé, romancé, mis en scène, dramatisé. Comment pouvait-elle y reconnaître quoi que ce fût de notre vie ?”
Laurent Bettoni, Écran total

“Tu joues ? Oui, c'est ça, tu joues, tu t'amuses avec les gens qui t'entourent, c'est très clair à présent, voilà comment tu considères le monde et tes proches, nous ne sommes pour toi que des personnages de roman, que des marionettes que tu mets en scène, rien d'autre que... que de la chair à fiction...c'est terriblement cruel... et méprisant.”
Laurent Bettoni, Écran total

Christian Bobin
“Tout le monde est contraint de trouver de l’argent pour vivre. Personne n’est obligé d’écrire. Cette absence de contrainte apparente plus l’écrivain à un enfant qui joue, qu’à un homme qui travaille – même si ce jeu est nécessaire à la vie pour continuer d’être vivante. S’il y a un lien entre l’artiste et le reste de l’humanité, et je crois qu’il y a un lien, et je crois que rien de vivant ne peut être créé sans une conscience obscure de ce lien-là, ce ne peut être qu’un lien d’amour et de révolte. C’est dans la mesure où il s’oppose à l’organisation marchande de la vie que l’artiste rejoint ceux qui doivent s’y soumettre.”
Christian Bobin, L’épuisement

“C'est neuf pour moi, et très déroutant, lui ai-je dit. En voyant tes annotations sur mes feuillets, j'ai eu le sentiment de perdre un peu de maîtrise sur mon texte, de liberté, de subir une espèce de... censure. Une censure de ce que je suis au plus profond de moi, tu comprends ? Je l'ai vécu comme une intrusion en moi.”
Laurent Bettoni

“Tu pratique la dichotomie comme personne, tu sais. Tu as l'incroyable faculté de te dédoubler en deux personnes totalement différente. Je dis deux, mais c'est pas modestie. En vérité, tu peux être une infinité de personnages. N'es-tu pas auteur, après tout ? C'est ton métier, non ?”
Laurent Bettoni, Écran total

Dominique Fortier
“Mon temps autrefois m'appartenait entièrement, et aux livres. Aujourd'hui, chaque minute consacrée à lire ou à écrire est une minute que je ne passe pas avec ma fille; l'écriture s'accompagne désormais d'une hâte et d'une culpabilité détestables. C'est du temps que je lui dérobe, que je ne retrouverai pas, que j'aurais dû lui consacrer et que je n'aurai jamais passé avec elle. Depuis sa naissance, je me prends à penser au futur antérieur et au conditionnel passé, des temps compliqués qui sont le signe qu'on considère les choses sous un point de vue autre que celui depuis lequel on parle normalement : demain vu au passé, hier comme une possibilité.
Elle dort. Je devrais profiter de ce moment pour écrire, je n'arrive qu'à m'abîmer dans le bruit des vagues. Je voudrais m'étendre sur le sable, rester là jusqu'à la nuit, me laisser emporter par la marée.”
Dominique Fortier

Emil M. Cioran
“Un livre est un suicide différé.”
Emil M. Cioran, The Trouble With Being Born

Dominique Fortier
“Combien de personnes faut-il pour faire un livre? Combien d'êtres chacune de ces personnes contient-elle à son tour, combien de fantômes? Et si c'étaient les fantômes qui écrivaient? Quand aujourd'hui je dis "je", qu'est-ce qui parle?”
Dominique Fortier, Les ombres blanches

Jorge Luis Borges
“La certitude que tout est écrit nous annule ou fait de nous des fantômes...”
Jorge Luis Borges, Ficciones

Jean-Philippe Jaworski
“Et vous, oui vous ! mon cher lecteur ! Vous vous prélassez bien au chaud, sur votre coussiège favori ou dans la cathèdre de votre cabinet de lecture, en tournant d'une main indolente les pages de ce volume où je risque bien de perdre ma santé, ma vie, sans compter ma réputation. Est-ce que vous mesurez seulement que j'ai sué, d'angoisse et de labeur, sur l'ouvrage que vous avez le culot de parcourir comme un conte divertissant ? Vous vous rendez compte de ce que je risque, à vous dévoiler ainsi les dessous de la politique ciudalienne ? Vous croyez peut-être que je fais ça uniquement par plaisir ? Ou par malveillance ? Vous croyez qu'on accouche d'un pavé pareil seulement pour l'agrément de cafarder ?
Tant de légèreté, tiens, ça me dégoute !
Alors pour l'épopée du sorcier et de ses deux primates, vous repasserez. Moi, j'en ai ma claque, de l'historiographie !
Et estimez-vous heureux que je vous raconte la fin de mon histoire à moi !
Face à tant d'ingratitude, je pourrais bien tout laisser en plan !”
Jean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre

André Gide
“Laura ne semble pas se douter de sa puissance ; pour moi qui pénètre dans le secret de mon cœur, je sais bien que jusqu’à ce jour, je n’ai pas écrit une ligne qu’elle n’ait indirectement inspirée. Près de moi, je la sens enfantine encore, et toute l’habileté de mon discours, je ne la dois qu’à mon désir constant de l’instruire, de la con-vaincre, de la séduire. Je ne vois rien, je n’entends rien, sans penser aussitôt : qu’en dirait-elle ? J’abandonne mon émotion et ne connais plus que la sienne. Il me pa-raît même que si elle n’était pas là pour me préciser, ma propre personnalité s’éperdrait en contours trop vagues ; je ne me rassemble et ne me définis qu’autour d’elle. Par quelle illusion ai-je pu croire jusqu’à ce jour que je la façonnais à ma ressemblance ? Tandis qu’au contraire c’est moi qui me pliais à la sienne ; et je ne le remarquais pas ! Ou plutôt : par un étrange croisement d’influences amoureuses, nos deux êtres, réciproquement, se déformaient. Involontairement, inconsciem-ment, chacun des deux êtres qui s’aiment se façonne à cette idole qu’il contemple dans le cœur de l’autre… Quiconque aime vraiment renonce à la sincérité.”
André Gide, The Counterfeiters

Mélissandre L.
“Quand on vend ses livres, on ouvre sa vie à tellement de gens qu'on peut parfois oublier que l'écriture est un sacerdoce solitaire, une vocation du vide.”
Mélissandre L., Table des Matières

Christine Angot
“Ma ponctuation, il faut que je m'en défasse, que j'en prenne une plus courante, plus naturelle, que les gens aient moins d'efforts à faire. (L'inceste, p.106)”
Christine Angot, L'Inceste

Gaston Bachelard
“Ce qui ne peut être écrit mérite-t-il d'être vécu ?”
Gaston Bachelard, Water and Dreams: An Essay on the Imagination of Matter

“Words
what are really words ? Do you want to know what they have discovered in this world ?
Words from jean dominique MAZZONI on KOBO & FNAC.COM”
jean dominique mazzoni, WORDS

Friedrich Nietzsche
“De tous les écrits, je n'aime que ceux que l'on trace avec son propre sang.”
Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra / Crépuscule des idoles / Ecce homo

Paul Éluard
“Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté”
Paul Éluard

“La ponctuation, ce n’est pas de l’orthographe, c’est de la pensée.”
Alexandre Vialatte

Hélène Cixous
“Écris, que nul ne ce retienne, que rien ne t’arrête : ni homme, ni imbécile machine capitaliste où les maisons d’édition sont les rusés et obséquieux relais des impératifs d’une économie qui fonctionne contre nous et sur notre dos ; ni toi-même.”
Hélène Cixous, Le rire de la Méduse: Regards critiques

Maki Marukido
“Un jour, j'ai réalisé que je ne savais plus pour qui j'écrivais, ni pourquoi j'écrivais. Et ensuite, je n'ai plus été capable d'écrire une ligne. C'est une histoire banale... Je n'avais pas de talent, tout simplement.”
Maki Marukido, Pornographer

Albert Camus
“C'est un nœud douloureux et exalté, mille chose s'y mêlent. Alors j'attends que cela cesse. C'est ce que je fais toujours, d'ailleurs et j'ai tort de te dire tout cela. Mais à qui le dirais-je, dans le monde entier. Je t'attends, j'attends l'apaisement du soir, j'attends notre heure, la lumière oblique, cette pause entre le jour et la nuit. La paix viendra, sûrement. Mais je n'imagine pas d'autre paix que celle de nos deux corps liés, de nos regards livrés l'un à l'autre - le n'ai plus d'autre patrie que toi. Attends-moi, mon chéri. Écris-moi, écris tout ce que tu peux. Tant de mers me séparent de toi. Où te chercher ? Où t'atteindre ? Comment fuérir sans toi la peine qui m'étouffe ? Je t'embrasse, mon seul amour, je te serre contre moi. Les jours passent, mais si lentement, comme des nuits d'insomnie, et je ne peux plus me supporter. Écris.”
Albert Camus

Aurélie Valognes
“Je ne suis plus d’accord avec Marguerite Duras qui disait que l’écriture ne laissait pas le temps de vivre, qu’il n’y avait pas de vie en dehors de l’écriture. Pour moi, c’est d’abord la vie, avec ses joies et ses peines, et tout cela peut nourrir l’écriture.”
Aurélie Valognes, La Lignée

Aurélie Valognes
“Quand vous passez des heures immobile, supposément passive, en réalité, c’est une manière de travailler. Faire remonter les choses, se laisser imprégner par la beauté et par l’énergie du monde, c’est permettre de ressusciter un souvenir. C’est une plongée en soi, dans son inconscient, qui permettra aux mots, une fois devant sa feuille, de sortir avec justesse et dans un ordre précis. Par quel miracle ? On ne le sait pas. Notre corps s’en souvient. Ce n’est pas de la magie, c’est une forme d’intelligence émotionnelle et d’empathie. Plus on s’autorise ce genre de rêverie passive-active et plus on devient poreux dans la vie ; plus on se laisse pénétrer et plus cela remonte facilement.”
Aurélie Valognes, La Lignée

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