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Horreur Quotes

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Patrick Senécal
“Mireille se retourne enfin. Effectivement, elle mastique quelque chose, mais sa bouche suinte d'une substance rouge qui ne peut être que du sang. La vendeuse croit pendant une seconde qu'elle s'est blessée, mais comprend son erreur en voyant sa cliente porter le livre de verre à ses lèvres et mordre à pleines dents dans la première page à moitié cassée. La vitre craque et se brise, et Mireille se remet à mâcher lentement les morceaux coupants, les yeux égarés, en laissant choir des miettes de vitre et de chair.”
Patrick Senécal, Torture, luxure et lecture

Elif Shafak
“Il y a une chose aussi grave que le terrorisme ou l’horreur de l’acte. C’est la facilité avec laquelle nous nous habituons à ce genre de nouvelles.”
Elif Shafak

Marcel Jouhandeau
“Rien ne rend plus léger parfois qu'une certaine horreur de soi.”
Marcel Jouhandeau, De la abyección

Mary Fleureau
“L'œil du cadavre le toise.”
Mary Fleureau, L'Autre Côté

Mary Fleureau
“Dans un coin de la cuisine, une couronne de fleurs fanées lutte pour sortir de la poubelle. Will traverse la pièce, enfonce le couvercle. À ses pieds, les pétales qui dépassaient, brisés, chutent en silence sur le carrelage froid. Il se laisse tomber sur une chaise en leur jetant un regard haineux. On lui a dit que les chrysanthèmes ne fanaient pas.”
Mary Fleureau, L'Autre Côté

Comte de Lautréamont
“On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! Comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très ouverts, de faire semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux! Puis, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, d’enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas; car, s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant pleure.”
Comte de Lautréamont

Mariana Enriquez
“Va-t’en, mon amour, a-t-il dit. Laisse-moi. Moi, je ne peux pas partir, mais toi oui, tu peux échapper à tout ça, à moi, à eux. Il n’y a rien, Rosario, ce sont des champs de mort et de folie. Je suis la porte qui mène à ce néant et que je ne peux pas fermer. Il n’y a rien à chercher, rien à comprendre.
- Je ne te quitterai jamais. Demande-moi autre chose.
- Si tu ne pars pas, alors ne me laisse pas seul. Même si tu meurs, Hante moi comme un fantôme, haunt me.
- Evidemment. Je ferais n’importe quoi pour toi.”
Mariana Enríquez, Nuestra parte de noche

Mariana Enriquez
“Cet homme, qui ne peut pas être mon père, doit partir, pensa Gaspar.
- Je suis vidé.
- Non. Non. Je veux que tu me dises où est mon père.
- Il est là. Il est toujours là.
Gaspar entendit ses pas approcher et leva son bras qui n’était pas blessé. Ne me fais plus mal, je t’en supplie, dit-il. Juan s’assit par terre, à côté de lui. Gaspar renifla son odeur, la reconnut.
- Tu es ce que j’aime le plus au monde, Gaspar.
- Alors qu’est-ce qui t’arrive ? Tue-moi, papa, s’il te plaît, je n’ai pas peur.”
Mariana Enríquez, Nuestra parte de noche

Lancelot Cannissié
“Et juste à côté, une petite statue qui vous regarde dans le blanc des yeux. Comme si elle auscultait votre esprit et plus vous vous plongiez dans son regard plus vous vous retrouviez propulsé dans ces mondes créés de votre propre imagination. Or tout le monde, je dis bien tout le monde avait au moins une fois plongé son regard dans le sien.”
Lancelot Cannissié, Peur primale et autres récits