Théo d'Or ’s Reviews > Lettres portugaises > Status Update
Théo d'Or
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" ..[...] je me défendis de revenir à une vie que je dois perdre pour vous, puisque je ne puis la conserver pour vous, je revis enfin , malgré moi, la lumière, je me flattais de sentir que je mourais d'amour ; et d'ailleurs j'étais bien aise de n'être plus exposée à voir mon cœur déchiré par la douleur de votre absence. Après ces accidents, j'ai eu beaucoup de différentes indispositions, mais, puis-je jamais ...
— Jan 31, 2026 12:29AM
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Théo d'Or ’s Previous Updates
Théo d'Or
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Me voilà déjà à la quatrième lettre de Mariana. Si Noël ne répond même pas après la cinquième, eh bien - c'est moi-même qui le ferai.
Qu'il le veuille ou non, ce silence devra finir quelque part - et je suis prêt à en porter le dernier mot.
Désolé, Noël, mais quelqu'un doit bien le faire.
— Feb 04, 2026 09:51PM
Qu'il le veuille ou non, ce silence devra finir quelque part - et je suis prêt à en porter le dernier mot.
Désolé, Noël, mais quelqu'un doit bien le faire.
Théo d'Or
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Lorsque j'entends certains critiques affirmer que Mariana ne pouvait pas écrire de telles lettres, je doute profondément. Je refuse que l'on confisque à Mariana ce que une seule lecture biaisée juge " trop beau ", ou " trop maîtrisé " pour être l'œuvre d'une femme cloîtrée. Cette voix n'a rien de fabriqué. Je m'étonne de voir combien de critiques ont préféré attribuer les lettres à un homme, non parce que les....
— Feb 02, 2026 09:46PM
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Bonjour Théo !Oh, rien d’étonnant à ce que Camus ait lu ces lettres : l’amour y apparaît comme une forme de salut. Je ne sais pas si Mariana aimait l’amour ou l’officier français, son propre Tartare. L’attente devient une manière d’exister. Une passion toute lusitanienne, un amour plus grand que l’être aimé, et aussi une révolte ouverte contre l’abandon. Une femme aristocratique née en 1640 — année charnière de l’histoire portugaise — moderne pour son temps, animée d’un désir de libération du couvent.
Et Rousseau, jugeant ces lettres trop belles pour avoir été écrites par une femme, en contestait l’authenticité et en attribuait la paternité à des écrivains français ou portugais, tels qu’Alexandre Herculano ou Camilo Castelo Branco.
Merci.
2) :)) Alexandre Herculano et Camilo Castelo Branco ne sont contemporains ni de Mariana Alcoforado ni de Rousseau. Il s’agit simplement d’une comparaison : j’ai trébuché sur mon français. Il y a tant de polémiques autour de ces lettres. D’ailleurs, dis‑moi : retrouve‑t‑on quelque chose de la syntaxe portugaise dans le français de Mariana ?Merci, Théo.
" Une passion toute lusitanienne.." - Peut-être. Mais vue d'ici, c'est toi qui lui donnes toute sa couleur lusitanienne, Celeste. Sans ton regard, je n'aurais jamais pensé à la nommer ainsi. Et plus tu en parles, plus je comprends que cette" passion toute lusitanienne " c'est une manière de être au monde, une façon d'assumer l'émotion sans la maquiller.
À vrai dire, je ne m'attendais pas à un tel registre. Ce qui me bouleverse dans ces lettres, c'est que ce n'est pas une correspondance. C'est un cri. Un cri nu. Rien à voir avec Camus et Maria, qui dialoguent, se répondent. Rien à voir non plus avec Kafka et Milena, qui transforment l'impossible en matière spirituelle. C'est un cri déchirant. Mais je dois admettre qu'il y a ici cette sincérité nue, kafkaïenne.
Elle écrit parce qu'elle n'a plus rien d'autre que l'écriture, parce que le silence de l'autre la pousse
à crier plus fort encore.
Ces lettres ne racontent pas un amour, elles en sont la brûlure. C'est d'une douleur déchirante...
Merci, Celeste.
Je crois que Mariana aimait les deux. L'amour, et l'officier français, dans un ordre qu'elle seule connaissait. C'était sa logique, sa façon de sentir. Rien n'est premier, rien n'est secondaires. Tout en même temps.
Je suis ravie que ça te plaise, et ton commentaire est magnifique. Comme je te le dis depuis longtemps, tu écris de mieux en mieux. J’y ai glissé une petite note d’humour : contre l’absurde, je trouve du sens dans l’interdit. :))Merci, Théo.
« Je crois que Mariana aimait les deux. L'amour, et l'officier français, dans un ordre qu'elle seule connaissait. C'était sa logique, sa façon de sentir. Rien n'est premier, rien n'est secondaires. Tout en même temps. »Eh bien, voilà toute l’intensité portugaise.
Merci, Théo.
Quelque chose de la syntaxe portugaise ? Peut-être une manière très libre d'enchaîner les propositions. C'est ne pas une " erreur ", c'est souvent ce qui donne au français d'un lusophone une couleur mélancolique, presque littéraire.
En tout cas, l'arrangement " paracétamoler " n'est pas encore apparu. Mais il n'est pas encore trop tard.
Paracétamoler aurait été une solution idéale pour Mariana. Qu'en dis tu ?
Je viens de recevoir une leçon de syntaxe française : moi aussi, j’ai une certaine liberté avec les prépositions. Paracétamoler ? Une grammaire de français ? Ma petite note d’humour est dans le commentaire 3 : c’est la saudade.Merci, Théo.
Tu trouves du sens dans l'interdit ? Mais c'est canon ! Je ne trouve ce sens que sur la plage, sous une chaleur écrasante, et sans chapeau, évidemment...
" toute l'intensité portugaise "....Merci, Celeste. Venant de toi, c'est vraiment un compliment qui me touche beaucoup :)
Je ne suis pas sûre que tu aies bien compris. Relis le commentaire 3 de ce fil à la loupe. :))Merci, Théo.
Voilà pourquoi il faut bien vérifier qu’on lit tous les commentaires, histoire d’éviter les confusions.
Le problème est plus complique. Nous on a l'habitude de répondre en temps réel. Pas dans 7 jours. 😄Mais , aujourd'hui, ça voudrait dire qu'on devrait tous les deux attendre 9 minutes après chaque commentaire. 🤣
J'ai relu ton premier com." ...l'officier français , son propre Tartare. "
Wow !!! Génial ! Chapeau, Celeste !
Bonjour !Ah… la première lettre… quelle coïncidence… hier, j’ai commencé à lire une biographie de Mariana Alcoforado.
Bonne lecture, Théo !
Merci.
Bonjour, Maria ! J'étais justement en train de lire que Mariana a bien une biographie solide, mais l'attribution des lettres est très contestée.
Mais, une religieuse cloîtrée qui tombe follement amoreuse d'un officier étranger...c'est exactement le type d'histoire qui fascine. Pourtant, je crois que la littérature adore les mythes, surtout l'idée d'une religieuse amoureuse...Et sincèrement, j'adore ça moi aussi. Peut-être aussi parce que je me suis habitué à l'idée que l'amour est généralement déclaré par les hommes, et qu'il ne devient un dialogue qu'ensuite. La parole féminine n'est pas une réaction ici, mais une source. Mais j'aime bien ça, moi. L'amour n'appartient à aucun genre.
Le premier élan peut venir de n'importe qui...Cette inversion du rôle traditionnel , je la trouve magnifique, car elle révèle
une authenticité que l'on rencontre si rarement..
Bonjour, Théo !Ton commentaire est magnifique. J’ai lu ces lettres deux fois. Je ne suis pas spécialiste , mais je connais bien l’idée selon laquelle elles pourraient être apocryphes. Mariana Alcoforado était une aristocrate que sa famille a envoyée au couvent. Elle n’avait aucune vocation religieuse. Chez elle, on lisait des livres français et c’était un milieu cultivé. Ce qui surprend peut‑être certains critiques, c’est la modernité et l’audace de Mariana. Je lis en ce moment sa biographie et je cherche aussi des sources universitaires, car je ne fais pas confiance à Wikipédia. Je suis très heureuse que ces lettres aient éveillé ton intérêt. J’en parlerai aussi à ma mère, qui les connaît très bien.
Bonne lecture, profite bien !
Merci.
Merci, Maria. Tu me connais assez bien, et tu sais que j'apprécie énormément ta passion pour les vérités historiques. C'est dans ton sang, c'est ta manière à toi de te réinventer. En revanche, pour moi - j'y ajoute aussi le simple plaisir de lire, doublé par l'émotion du sujet....C'est pour cela que nos échanges me sont si précieux. Ils mêlent ta quête de vérité, à ma quête d'émotion, et de cette rencontre naît un compréhension plus vaste,
presque une manière partagée de lire le monde.
Merci beaucoup, Théo.Nos échanges me sont vraiment très précieux aussi.
Ah, comme j’ai hâte de lire ton avis sur les lettres de la Lusitanienne Mariana Alcoforado. Elle était originaire de Beja, dans l’Alentejo.Je n’y suis passée qu’une seule fois lors d’un trajet entre l’Algarve et Porto. C’était l’été. Il faisait une chaleur écrasante.
Une ville parfaite pour que Meursault y passe ses vacances. :))
Oui, une ville parfaite pour que Meursault passe ses vacances, avec ou sans pistolet...Peut-être qu'un chapeau aurait tout changé. Mais l'histoire n'aurait plus été la même.... Je crois que mon avis sur ces lettres sera inhabituel, ou du moins aussi inhabituel que ces lettres elles-mêmes. Rien de ce que j'ai lu jusqu'à présent ne leur ressemble. Elles ont la même magie que des bouteilles à messages,
jetées dans l'océan..
Merci également, Maria.
.... Ce qui me touche profondément, c'est cette transparence absolue, cette absence de masque. Rien dans la littérature que j'ai lu auparavant ne ressemble à cette nudité affective. Pourtant, malgré la douleur, il y a dans ces lettres une noblesse, une intensité qui forcent le respect. Pour un lecteur masculin, cette expérience est encore plus bouleversante. Mariana est comme un Kafka au féminin, avec la même sincérité absolue qu'il offrait à Milena.
Bonjour, Théo !J’ai toujours voulu savoir ce qu’un homme pense de ces lettres, et j’attends ça avec impatience. Hier, j’ai parlé à ma mère de Mariana Alcoforado. Elle a dit quelque chose de très intéressant : selon elle, il y a un détail dans ces lettres qu’un homme n’aurait jamais écrit, et ça montre que c’est forcément une femme qui les a écrites.
Merci .
Ta mère doit être d'une perspicacité proverbiale, Maria. Moi, je crois que l'écriture elle-même porte la marque d'une sensibilité féminine impossible à feindre. Je ne pourrais pas dire exactement quel serait ce détail, à part cette sensibilité extrême, mais en tant qu'homme, je sens qu'il est là, dans cette sensibilité. Peut-être que la vérité est là - la voix féminine révèle ce que la voix masculine tait, et ensemble elles composent
la carte complète du cœur humain. Mais je dois admettre que t'as abordé un sujet bien difficile - comment reconnaît-on une écriture féminine ? Je me demande combien de personnes sauraient répondre à une telle question :))
Merci, Maria.


Mais il n'importe, je suis résolue à vous adorer toute ma vie, et à ne voir jamais personne ; et je vous assure que vous ferez bien aussi de n'aimer
personne. Pourriez-vous être content d'une passion moins ardente que la mienne ? Vous trouverez, peut-être, plus de beauté...[......] S'il m'était possible de sortir de ce malheureux Cloître, je n'attendrais pas en Portugal l'effet de vos promesses ; j'irais vous chercher, vous suivre, vous aimer par tout le monde. [...] Je vous conjure de me dire , pourquoi vous vous êtes attaché à m'enchanter, puisque vous saviez bien que vous deviez m'abandonner ? "