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'[Paris, ] ce compagnon de toutes ses journées gardait la sérénité de sa face géante, sans un attendrissement, témoin muet des rires et des larmes dont la Seine semblait rouler le flot. Elle l’avait, selon les heures, cru d’une férocité de monstre, d’une bonté de colosse. Aujourd’hui, elle sentait qu’elle l’ignorerait toujours, indifférent et large. Il se déroulait, il était la vie.'
7 hours, 44 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)

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P.E.
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'Le pays du soleil avait disparu, elle promenait ses lents regards sur Paris, dont l’hiver raidissait le grand corps. Des colosses de marbre semblaient couchés dans la paix souveraine de leur froideur, les membres las d’une vieille souffrance qu’ils ne sentaient plus. Un trou bleu s’était fait au-dessus du Panthéon.'
7 hours, 54 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'[...] Jeanne, étendue dans l’éternel silence, raidie et toute froide, gardait un visage de pierre. La face avait un peu noirci, la bouche prenait une moue d’enfant vindicative ; et c’était ce masque sombre et sans pardon de fille jalouse qui affolait Hélène. Elle l’avait bien vue, depuis trente-six heures, se glacer dans sa rancune, devenir plus farouche à mesure qu’elle se rapprochait de la terre.'
8 hours, 18 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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— Ça vaut mieux que les raves du père Rouvet.

Et, toutes les fois, Rosalie crevait si fort, qu’elle cassait le cordon de son jupon. On entendit le cordon qui partait.

— Hein ! tu l’as cassé ? dit le petit soldat triomphant.

Il envoya les mains, il voulait savoir. Mais il reçut des tapes.

— Reste tranquille, tu ne le raccommoderas pas, peut-être… C’est bête, de me casser mon cordon. J’en remets un chaque semaine.
19 hours, 42 min ago
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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L’inconnu de Paris, avec ses fumées, son grondement continu, sa vie puissante, soufflait jusqu’à elle, par ce temps mou de dégel, une odeur de misère, d’ordure et de crime, qui faisait tourner sa jeune tête, comme si elle s’était penchée au-dessus d’un de ces puits empestés, exhalant l’asphyxie de leur boue invisible.'

[2/2]
Aug 03, 2026 01:37AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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'Qu’était-ce donc, ce monument si noir ? et cette rue, où courait quelque chose de gros ? et tout ce quartier dont elle avait peur, parce que bien sûr on s’y battait. Elle ne distinguait pas nettement ; mais, sans mentir, ça remuait, c’était très-laid, les petites filles ne devaient pas regarder. Toutes sortes de suppositions vagues, qui lui donnaient envie de pleurer, troublaient son ignorance d’enfant.

[1]
Aug 03, 2026 01:37AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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'— Il est joli votre goût, parlons-en !… Mais vous ne savez pas que mon magot vaut mieux que tout votre mobilier !… Un commis de nouveautés n’aurait pas voulu de ce rose-là. Vous avez donc fait le rêve de séduire votre blanchisseuse ?'
Aug 03, 2026 12:39AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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Mais, toujours, à la suite, les trois autres petites pièces, les pièces sales, vides et abandonnées, défilaient ; et cette vision, ces murs lépreux cachés sous les Amours joufflus, soulevaient en elle autant de colère que de dégoût.'

[2/2]
Aug 02, 2026 02:38PM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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'Les deux chambres, avec leur cretonne, reparaissaient sans cesse devant ses yeux ; elle en avait emporté dans un regard les moindres détails, jusqu’à la place occupée par les sièges et aux plis des rideaux qui drapaient le lit.

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Aug 02, 2026 02:38PM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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'Dans la mer de ténèbres qui dormait devant eux, une étincelle avait lui. C’était à leurs pieds, quelque part dans l’abîme, à un endroit qu’ils n’auraient pu préciser. Et, une à une, d’autres étincelles parurent. Elles naissaient dans la nuit avec un brusque sursaut, tout d’un coup, et restaient fixes, scintillantes comme des étoiles. Il semblait que ce fût un nouveau lever d’astres, à la surface d’un lac sombre.'
Aug 02, 2026 10:54AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


P.E.
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'Il était là, par tous les temps, se mettant de moitié dans ses douleurs et dans ses espérances, comme un ami qui s’imposait. Elle l’ignorait toujours, elle n’avait jamais été si loin de lui, plus insoucieuse de ses rues et de son peuple; et il emplissait sa solitude. Ces quelques pieds carrés, cette chambre de souffrance, dont elle fermait si soigneusement la porte, s’ouvrait toute grande à lui par ses deux fenêtres
Aug 02, 2026 10:31AM
Une page d'amour (Les Rougon-Macquart, #8)


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Claudia J'ai trouvé la fin assez amère, ce qui est la suite logique des quatre chapitres précédents. Il m'a fallu quelques instants pour m'en remettre.

J'ai l'impression que Hélène, à part ce voyage-ci avec M. Rambaud et celui, précédemment avec son premier mari, n'a jamais réellement mis les pieds à Paris.

Le rôle de la mère Fetu est bien pensé. Ici, elle est aussi informatrice et prend peut-être un malin plaisir à mettre Hélène au courant du devenir de la famille Deberle... Et à se faire rémunérer sous forme d'aumones pour ses informations et ses fallacieuses bénédictions.


message 2: by P.E. (new) - rated it 5 stars

P.E. J'ai trouvé la fin assez amère, ce qui est la suite logique des quatre chapitres précédents. Il m'a fallu quelques instants pour m'en remettre.

Oui, c'est aussi mon avis, en particulier quand on voit la dureté implacable avec laquelle Jeanne finit par "répudier" sa mère et la culpabilité de celle-ci, puis lors du dernier chapitre au cimetière de Passy, cette image finale de la petite tombe qui fait éternellement face à Paris. C'est d'autant plus dur quand on rapproche ce paysage mouvant qui accompagne le récit tout du long au jugement porté par sa mère sur lui : "ce compagnon de toutes ses journées gardait la sérénité de sa face géante, sans un attendrissement, témoin muet des rires et des larmes dont la Seine semblait rouler le flot". Voilà ce à quoi fera face "le masque sombre et sans pardon" de Jeanne. Quel réjouissant tête à tête...


J'ai l'impression que Hélène, à part ce voyage-ci avec M. Rambaud et celui, précédemment avec son premier mari, n'a jamais réellement mis les pieds à Paris.

L'abbé Jouvet a eu une inspiration heureuse à ce sujet, même si elle n'a pas été suivie d'effet... Un peu comme dans le cas terrible de Thérèse Raquin, c'est l'enfermement qui est à la racine de beaucoup des calamités qui vont survenir.


Le rôle de la mère Fetu est bien pensé. Ici, elle est aussi informatrice et prend peut-être un malin plaisir à mettre Hélène au courant du devenir de la famille Deberle... Et à se faire rémunérer sous forme d'aumones pour ses informations et ses fallacieuses bénédictions.

J'ai trouvé la mère Fétu bien réussie, je me suis pris à redouter ses apparitions, cette vieille intrigante infâme ! Elle m'a rappelé par certains côtés Mademoiselle Saget du Ventre de Paris, avec sa propension folle à faire courir les ragots et les gentillesses... L'évolution de la mère Fétu m'a étonné, je m'attendais à ce qu'elle use de ses informations compromettantes pour faire pression sur Hélène, mais elle n'en a pas eu le temps avant l'arrivée fulgurante du dénouement catastrophique.


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