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Maria  C
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PT/FR

«Todos, mais ou menos, teimamos em esperar.»


« Tous, plus ou moins, nous nous obstinons à espérer.»


Fr 116
12 hours, 28 min ago
O Deserto dos Tártaros

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Maria ’s Previous Updates

Maria  C
Maria C is on page 81 of 232
«Contudo, vinte e dois meses são muito tempo e muitas coisas podem acontecer: dá tempo a que se formem novas famílias, nasçam crianças e comecem até a falar, para que surja uma grande casa onde antes só havia ervas, para que uma mulher bonita envelheça e já ninguém a deseje (...) tempo para que um morto seja sepultado e esquecido, para que o filho seja capaz de rir de novo (...)»
Jan 25, 2026 11:34AM
O Deserto dos Tártaros


Maria  C
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PT/FR

«A Lua caminha, caminha, lenta, mas sem perder um só instante, ansiosa pelo alvorecer. Toc-toc, bate o coração no peito de Giovanni Drogo.»

« La lune avance, avance, lentement mais sans perdre un seul instant, impatiente d’atteindre l’aube. “Toc toc” fait le cœur de Giovanni Drogo dans sa poitrine »
Jan 21, 2026 03:33PM
O Deserto dos Tártaros


Maria  C
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«Parecia que tinha sido ontem, contudo o tempo não deixara de se dissipar com o seu ritmo imóvel, igual para todos os homens, nem mais lento para quem é feliz nem mais veloz para os desventurados.»

« Cela semblait hier, et pourtant le temps avait tout de même passé, à son rythme immuable, identique pour tous les hommes, ni plus lent pour ceux qui sont heureux, ni plus rapide pour les malchanceux. »
Jan 21, 2026 01:30AM
O Deserto dos Tártaros


Maria  C
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« As paredes nuas e húmidas, o silêncio, a palidez das luzes: todos ali dentro pareciam ter-se esquecido de que em alguma parte do mundo existiam flores, mulheres risonhas, casas alegres e hospitaleiras. Tudo lá dentro era uma renúncia, mas por quem por que misterioso bem?

Pág. 25
Jan 11, 2026 04:44AM
O Deserto dos Tártaros


Comments Showing 1-7 of 7 (7 new)

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Théo d'Or Parce que " là où il n'y a pas d'espoir, il faut l'inventer ".

Parce que " non, rien de rien, je ne regrette rien.
C'est payé, balayé, oublié,
Je me fous du passé. "


message 2: by Maria (new) - added it

Maria  C Bonjour !

La citation que j’ai partagée résume à merveille l’interrogation centrale de ce livre si finement écrit. Oui, comme tu le dis, nous ajoutons souvent de l’espoir à l’attente — un peu comme dans la chanson de Piaf. Mais pourquoi attendons‑nous des Tartares qui n’existent pas ? Ne passons‑nous pas notre vie à guetter quelque chose qui ne viendra jamais ? Drogo, lui, croyait avec obstination qu’il y avait quelque chose d’héroïque dans cette attente… pourtant le temps s’écoule, et les Tartares ne se montrent pas.

Merci, Théo.


Théo d'Or Je crois que, à travers ce que tu dis, Maria, ce livre me bouleverse bien plus que je ne l'aurais imaginé.
J'ai vécu ces moments que Drogo a vécus, tu sais bien. Et j'ai connu cette attente qui tue à petit feu.
C'est ça le plus dur. Je crois que Drogo, comme moi, il sait que rien ne viendra. Mais il continue, parce que il y a une forme d'orgueil dans cette obstination. Moi, je le comprends. Parce que à partir d'un certain point, ce n'était plus l'ennemi que j'attendais. C'est la justification de toute une vie. Tu sais pourquoi ? Parce que parfois, on préfère croire à une illusion que d'affronter le vide. On préfère une attente vaine à une lucidité brutale. On préfère mourir en espérant, plutôt que vivre en sachant. C'est ne pas une folie. C'est tout simplement humain.
Ces souvenirs resteront à jamais gravés dans ma mémoire.

Merci, Maria


message 4: by Maria (new) - added it

Maria  C Merci beaucoup, Théo. 🤍

As-tu déjà lu les lettres de Mariana Alcoforado à l’officier français ? Ces lettres portugaises écrites en français sont peut‑être plus connues en France qu’au Portugal. Dans l’une de ses lettres à Maria Casarès, Albert Camus écrit qu’il est en train de lire la troisième lettre de la religieuse portugaise. Malgré les nombreuses notes de bas de page, l’éditeur n’a pas mentionné le nom de la religieuse. Comme chez Drogo, l’attente devient chez elle une manière de tenir debout face au vide. Chez Mariana Alcoforado aussi, on retrouve cette même obstination à donner un sens à quelque chose qui peut‑être ne viendra jamais — l’éditeur n’a d’ailleurs peut‑être pas jugé nécessaire de le préciser, tant la notoriété des lettres allait de soi.


Théo d'Or Non, je n'ai pas lu ces lettres, mais tu as vraiment éveillé ma curiosité. Je vais les chercher. Ces derniers temps, tu as ravivé en moi cette passion pour la correspondance entre figures célèbres. Vraiment, cette section offre un point de vue moins connu du grand public. Et le lien que tu as établi entre Camus, Alcoforado, est sublime, par la transposition d'un même thème. Ta capacité à créer de telles analogies est impressionnante. Magnifique même.

Merci également


message 6: by Maria (new) - added it

Maria  C Je te remercie encore une fois. Il se passe quelque chose ici sur Goodreads : j’ai du mal à publier des commentaires. Je lis ce livre très lentement et je tisse de nombreux liens avec d’autres ouvrages, y compris Les Villes invisibles de Calvino, ainsi qu’avec le sébastianisme, une forme de messianisme portugais fondée sur l’attente du retour d’un très jeune roi mort à Alcácer-Quibir.


message 7: by Théo d'Or (new) - added it

Théo d'Or Alors là-dessus, Maria, à vrai dire, plus rien ne m'étonne sur Goodreads. Je ne serais même pas surpris s'ils publiaient mon permis de conduire, à la place de ma critique :)))

Oh, ta référence au sébastianisme m'a vraiment interpellé, Maria.
C'est une image à la fois tragique et poétique, qui dit beaucoup sur notre manière d'espérer, même contre toute logique. Mais je dirais que cette attente n'est pas vraiment naïve.
Et ce qui me touche dans ton parallèle, c'est qu'il ne s'agit pas seulement d'un mythe portugais. Nous avons tous, à notre manière, un " roi Sébastien " intérieur , un moment rêvé que nous attendons, parfois sans y croire tout à fait, mais dont l'attente elle-même nous soutient.
C'est pas forcément une forme religieuse, mais existentielle. Une manière de dire que le présent, aussi décevant soit-il, n'est pas la fin de l'histoire.
C'est peut-être là que ton intuition résonne si fort - dans un monde saturé d'informations, mais avide de signification, ton sébastianisme devient une grille de lecture. Il nous aide à comprendre pourquoi tant de récits contemporains rejouent ce vieux mythe de retour.

Merci encore pour cette étincelle, Maria. Elle m'a conduit bien plus loin que je ne l'aurais cru.


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